Sème le vent récolte la tempête
Au son du canon en Syrie et ailleurs, pendant les printemps arabes, les bourses se sont envolées; comme si la rente pétrolière résultante de l'incertitude géopolitique constituait la sève de la spéculation boursière. Cette effervescence boursière actionnée par des algorithmes au travers des "dark pools", des bourses non régulées, est toute consacrée au service de cette nouvelle aristocratie des milliardaires; les 1% de la classe dirigeante, non pas politique mais financo-industrielle; les nouveaux maîtres d'une planète pourtant en pleine régression écologique. A coup d'investissement essentiellement à courte terme dans le finance et les matières premières par le biais des produits dérivés; énorme marché qui dépasse de loin l'économie réelle et qui est contrôlé par des banques-hypermarchés "trop gros à défaillir", devenues incontournables; ainsi les véritables maîtres de la planète pour leurs clients de la ploutocratie mondiale.
Mais là, c'est un niveau qui a été atteint qui dépasserait le seuil du raisonnable dans un monde devenu décidément déraisonnable. Car le retour sur investissement dans l'économie réelle s'amenuise, tant dans les pays développés que dans ceux dits émergents; les BRICs. L'économie réelle s'éloigne de l'économie finance de plus en plus avec chaque jour qui se passe. La croissance réelle est aux abonnés absents et cela depuis cinq ans déjà et ce n'est pas fini de sitôt vu le piteux état des finances dans les pays dits PIIGS de l'EU et ailleurs, notamment au pays phare les USA, eux aussi prisent dans l'ouragan finance.
Alors, d'où vient cet espoir des jours meilleurs? Pourrait-il venir juste de la création monétaire des banques centrales de la planète? Celles qui font tourner les planches à billets alimentant les banques privées dont les bilans sont tellement opaques et immiscés dans la finance "hors bilan" et "de l'ombre", que nul ne peut dire si c'est du lard ou du cochon.
Surtout comme le cochon d'Inde a du plomb dans l'aile, ayant perdu sa croissance insolente venant de "l'outsourcing"; soit de l'exploitation à outrance du coût de la main d'oeuvre esclavagiste comme au Bengladesh dans la cadre d'un concept au combien arrangeant pour certains politiques aux commandes et inodorant pour les riches qui en bénéficient outrageusement et qu'on appel la délocalisation mondialisée. Une mondialisation sans contre partie sociale ni écologique qui aggraverait les écarts de niveau de vie dans les pays tant riches que pauvres. C'est un retour à la néo-féodalité à grande échelle.
Alors que malgré la masse monétaire que fournit les planches à billets, dont la tête de file est celle de la FED, avec l'EU et le Japon non loin derrière, mise à disposition des banques commerciales affamées de crédit et à des taux d'intérêt zéro, sans contrepartie réelle en collatérale, l'économie marchande reste atone.
Comme c'est étrange! Les banques centrales ont des bilans qui sont lourdement endettés avec des obligations pourries en contrepartie ne valant pas grand chose en cas de crise grave... Et tout ça serait à supporter par le contribuable qui paie deux fois ainsi : une fois à sa banque pour des frais qui ne produisent pas un crédit ni au consommateur ni à l'investisseur, une autre fois sous forme d'impôts à l'état vu sa situation des finances dégradés à cause de sauvetage sans fin du système bancaire.
La crise que vit le Congres américain au sujet de la dette fédérale et les dépenses budgétaires; sources de confrontations virulentes et stériles, dans une impasse totale; car les uns veulent soutenir les dépenses pharaoniques pour la défense (MIC) les autres pour les programmes sociaux; risque de porter atteinte à la crédibilité du système monétaire mondiale reposant sur l'hégémonie du pétrodollar. Cette dernière devient le noeud du problème à l'échelle monde au point où les voix se lèvent en Chine et ailleurs, dont Dominique de Villepin se fait remarquer en devenant une caisse de résonance très discordante vue ses origines occidentales et son pédigrée politique très franco-française.
Entre la victoire politique en Syrie de Poutin et les signes d'une rébellion monétaire en provenance de la Chine qui bientôt pourrait exiger de payer ses importations d'or noir en provenance du Moyen Orient en sa propre monnaie de Yuan et non pas en US dollars; monnaie de réserve.
Le monde pourrait basculer du système de "Pax Americana", planche de salut de l'Occident depuis 1945, à autre chose, dont on connaît ni la portée ni les conséquences à l'échelle monde. Un véritable séisme qui gronde et se propage en catimini en quelque sort depuis des décennies, signe d'une décadence profonde du système capitaliste américain, alimenté par la dualité irréconciliable de sa classe dirigeante et qui se manifeste dans cette bataille autour de la faillite budgétaire des USA.
Elle pourrait être mise en exergue très rapidement, à moins que le pays impérial réagit de la manière forte pour confronter ses créanciers sur le champ de la guerre; chose encore inimaginable.
Nous vivons des temps précaires et instables, soit d'une Apocalypse généralisée à venir soit d'une Renaissance qui risque d'être très sanglante pour les économies et le tissu social des pays développés, comme ailleurs, afin de réorienter leurs modes de production et de consommation...dans le contexte d'une pénurie des denrées alimentaires et de l'énergie bon marché.
Tandis que les Alawites au pouvoir en Syrie conspuaient les récriminations venant des Occidentaux adossés localement à des Islamistes radicaux, pour savoir d'où venait les armes chimiques source de la génocide des innocents; tandis que les Islamistes radicaux au Mali et en Afrique prenaient en otages des innocents en représailles de l'activité occidentale pour soutenir un Israel sioniste ou un Françafrique ou un enclave britannique néocolonialiste; tandis que le Qatar et l'Arabie Saoudite pétrie de wahhabisme sont aux commandes pour encourager la dissémination de l'Islam radicale; tandis que Malala la fille pakistanaise réclame la fin de l'utilisation des drones dans les zones tribales source de radicalisation des populations; tandis que les Talibans menacent les USA d'un nouveau ultimatum en Afghanistan; tandis que l'Iran accélère son intégration dans le giron Russo-chinois; tandis que l'Irak s'engouffre de nouveau dans des luttes factieuses-- le représentant de la Maison Blanche fait des courbettes aux uns puis aux autres pour éteindre les incendies que son pays a allumées par le passé, justement afin de bâtir son hégémonie pétrolière.
Reculant désormais dans un pas de deux répété avec différents interlocuteurs, comme s'il subissait des piques venant d'épées enfoncées dans ses reins par les exaltés des deux camps, ne sachant pas où se trouve son salut. Son pays se trouvent en délicat posture, écartelé, car empêtré dans des alliances impossibles dans cette région, depuis toujours un noeud gordien névralgique du monde de l'or noir.
Comme la guerre n'est plus une option qui puisse être envisagé dans un contexte de repli général du pays phare implicitement reconnu comme fruit amer d'un lourd tribut à son passé sanguinaire ; sauf en cas de crise grave; provocation comme jadis perpétrée à Sarajevo; qui puisse être considérée comme faute lourde politique ou comme crime irrémissible de son ennemie invisible. Dans une guerre asymétrique, déclenchant une riposte ailleurs au cri d'un casus belli contre les intérêts occidentaux mondiaux. Scénarios déjà vécus en Irak et en Libye récemment par les ennemies déclarés de l'Occident.
Les fantômes de Mossadegh, de la golfe de Tonkin et des ADM de la crise irakienne, tous fabriqués avec des relents d'un mauvais vent machiavélique et mensonger, viennent hanter les USA. Autant que l'héritage de Ben Laden; encore un pur produit de ses propres machinations diaboliques commises au Afghanistan lors de sa croisade anti-soviétique, comme la filière Taliban créée ex-nihilis puis disséminée par le CIA au Pakistan avec le soutien saoudien. Etre un pays hégémonique comporte des contreparties vénéneuses.
Etrange ballet que fournit le Don Quichotte américain ayant largué son Sancho Panza français dans les oubliettes; celui qui réclame à cor et à cri la "punition" du camp des sanguinaires Alawites; et qui constitue une signe inquiétante d'une vacuum idéologique; sans stratégie visible ni lisible. Elle génère de surcroît par ricochet aux pays de "homeland" une réaction à la fois virulente et incrédule devant les implications sinistres d'un volet supplémentaire de cette politique sournoise devenue complot étatique, aux relents totalitaires, ourdi au travers d'une matrice régressive et envahissante de "NSA spyland".
L'Occident a perdu son latin à cause de ses propres erreurs passés récurrents et incohérents dans la région. Va-t-il aussi perdre sa logique économique et financière bâti depuis des lustres par Venise et Florence au temps de la Renaissance, pour les mêmes raisons que les faillites d'antan des banques toscanes?
L'image de Pax Americana est passablement terni, est-ce que c'est le début du déclin américain?
La crise de 1929 ne fut pas autre chose, alors qu'aujourd'hui c'est pire : la nature incestueuse du système bancaire rend le risque systémique à plus grand échelle. Le monde finance domine outrageusement le monde marchand. On n'a rien appris de la faillite de 2008... Et le choc de 1929 fut l'accélérateur du déclin du modèle colonial européen, dans le monde pris dans le cyclone de la faillite de Wall Street. La livre britannique n'était plus la monnaie de référence et l'étalon or aussi est devenu par la suite un vieux "relique barbare" après la guerre, avec la naissance de l'hégémonie du dieu dollar qui est arrivé à grand pas comme sauveur du monde. Les cycles monétaires se ressemblent comme des frères siamois.
L'Europe se recroqueville de nouveau devant les nuages d'une invasion d'indésirables, dans une cacophonie européiste tirant à hue et à dia dont même les plus ardents supporteurs européens ne comprennent plus rien à son sémantique illisible. Dans une bipolarisation aiguë du continent scindé, selon un axe nord-sud, qui perdure depuis cinq ans et qui risque de sonner son éclatement définitif au cas où la crise sociale s'accélère devenant spirale incontrôlable.
Le Japon subit toujours dans des conditions inconnues, mais dont les signes visibles sont très inquiétantes, le saga de Fukushima qui discrédit la filière nucléaire à fission de façon irrémédiable à longue échéance. On ne fait pas bouillir de l'eau avec l'atome radioactif à haute dose, dont on ne sait pas quoi faire ni avec des déchets ni avec des zones à décontaminer par la suite. A moins de vouloir vider la planète des homos sapiens.
C'est là où se trouve le monde de nos jours. A qui le prochaine tour pour être jeté dans les feux de la cirque de Dante?
"L'esprit de la nation incarné par l'Etat dit des jolies choses et n'en fait que des petites." En attendant que la cloche sonne la fin de partie pour enfin proclamer : "Quand on veut pas être faible, il faut souvent être ingrat"... Denis Diderot.
Le train de vie de l'Etat et de son Enarchie s'en souviendront, à ne pas en douter, dans une remise en état qui sera mémorable.
lundi 14 octobre 2013
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