lundi 9 avril 2012

La Grande conjuration capitaliste - vu par les analystes des USA


Le maillant manquant : la relation de cause à effet entre la crise de 2008 et celle d'Eurozone en 2011

"Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène." Denis Diderot

Ce que The Economist oublie de mentionner c'est que la crise de l'Eurozone est la conséquence directe de la crise bancaire mondiale de 2008. La dette privée ayant été socialisée dans toutes les zones de la Trilatérale, il en résulte que ce transfert des dettes de la comptabilité privée vers la comptabilité publique des pays riches entrainent à la fois un alourdissement conséquent des dettes publiques et une chute spectaculaire de leurs économies en 2009, englouties dans la récession; qui aura comme conséquence d'aggraver encore plus les dettes publiques pour effectuer la relance supplémentaire nécessaire; une relance qui sera aussitôt plombée par le manque de liquidités des mêmes banques commerciales qui ont été auparavant sauvées par les États. Les économies du monde sont entrées dans une spirale vicieuse qui se mord la queue. 

De toute évidence les banques nous cachent le montant de leur vrai ardoise. La période 2009-2011 serait la décantation de cette mystification, au travers des méandres incessants de la crise grecque, malgré les tentatives désespérées des banques centrales afin de relancer les économies à coup de la fabrication sans fin de monnaie papier injectée dans l'économie réelle; les LTROs et QEs. 

Qui est désormais le plus grand pourfendeur de ce système de financiarisation à outrance, érigé depuis vingt ans et qui a fait exploser le monde finance en 2008; menaçant désormais comme une tumeur grandissante de faire pire, surtout aux économies des pays avancés surendettés, inondées par un excès de relance monétaire stérile et sans conséquence réelle sur les économies atones?

Ce sont les analystes financiers issus du même monde de la finance, qui démontrent chiffres à l'appui que le système actuel est hors de contrôle et va droit dans le mur. Ce sentiment est partagé par la majorité de la communauté indépendante de WS, et de surcroît également par la plupart des analystes financiers du web-monde sur cinq continents, oscultant les marchés tous les jours depuis quatre ans!

Lisez les blogs financiers américains et il n'y a pas photo. Désormais, l'arithmétique des dettes cumulées ne peut plus être ni détournée ni diminuée par un montage du type machine perpétuelle de croissance économique sans entrave, sur commandite de manière administrée; par la relance monétaire centralisée de la demande d'inspiration keynésienne comme en 1945. Ce qui semble être la politique monétaire laxiste en vigueur.

Qu'une telle décision soit l'expression de notre réalité actuelle serait le fruit d'un revirement étonnant, car à rebours, à contre-courant, vu la politique menée depuis trente ans. Un virage à cent quatre vingt degrés de la politique libérale passée; désormais concoctée par l'imagination désespérée des élites en charge des banques centrales du monde, et leur commanditaires politiques, vivant dans leur tours d'ivoire, déconnectés du monde réel des soubresauts imprévisibles et d'amplitudes grandissantes des marchés sans boussole; tous les marchés de toutes catégories de produits financiers à risque. Nous serions dans un mode de gestion du monde finance qui va à hue et à dia, avec la banque centrale qui maintient sous perfusion le secteur privé en sur-régulant  son activité par rapport aux désirs des lois naturelles du marché.

Pourquoi cette inquiétude grandissante  des analystes de la City et de WS, alors que le prestidigitateur de Goldman Sachs, en charge des destinées de la banque centrale européenne, prétend le contraire?  Comme son homologue à la tête de la FED américaine!

La réponse est limpide : la bulle toujours croissante des produits dérivés, désormais évalués à 700 000 milliards de USD, soit d'un montant nominal de plus de 10 fois  la richesse réelle économique du monde global, devient incontrôlable. Pour manipuler tous les jours les intérêts associés avec des tels paris pris par les banques privées du monde, il convient d'admettre qu'aucun système au monde ne pourrait survivre à l'éclatement inéluctable de cette bulle qui est la pure création du secteur privé.  Précisément créée, donc,  par les acteurs au nom desquels le journal anglo-saxon défend le système des marchés en place. En l'absence de  croissance réelle  en zone déficitaire pour éponger même une quantité infime des dettes privées accumulées, il faudra de la croissance réelle ailleurs, dans les marchés émergents qui remplacerait la croissance du premier monde. Or, ceci est singulierement absent désormais de l'écran du radar surveillant les marchés en question; avec l'affaissement visible, prévisible, de l'immense marché interne chinois comme celui de l'Inde soumis à un déficit croissant du fait de son importation galopante du pétrole.

D'où l'inquiétude grandissante d'analystes branchés sur le monde finance par le réseaux électronique instantané du Web, qui ne sont plus dupes des manipulations boursières infligées aux travers de leurs transactions opaques de gré à gré par des banques universelles qui croulent sous la dette.

A la lumière de cette carence du secteur privé bancaire, les écarts de financement des états paraissent infimes; lilliputien de taille devant le Gulliver de la dette bancaire mondiale; détenue par  une camarilla de banques enchevêtrées dans des transactions incestueuses impossibles à déchiffrer de l'extérieur mais qui lient leur destin collectivement de ce simple fait. Ainsi que ceux de leur princes politiques...

Le journal en question ne parlait point de cette autre déni de la réalité depuis 2008 alors qu'elle défend bec et ongle les valeurs de la City au coeur de cette manipulation...c'est un signe du temps.

Qui est en situation du déni de réalité plus grave si cette hypothèse s'avère vrai?

La dette publique de la zone Euro évaluée à environ 9 mille milliards d'Euros, ou la dette privée stratosphérique qui dépasse en valeur nominale soixante dix fois le montant de la dette publique des états de  l'euro-zone?

Il me semble qu'il n'y a pas photo, si les analystes  "anglo-saxons" du monde financier sont dans le vrai.

Dans un tel scénario,  le monde financier global va exploser dans un éclatement dont on n'a pas comparaison dans les annales de l'humanité. Cela dépassera la dépression de 1929...

Toute la stratégie actuelle des banques centrales,  de la trilatérale USA-EU-Japon, consiste à  faire perdurer cette situation artificielle hallucinante en faisant gonfler la bulle de l'argent papier, génératrice à terme de l'hyperinflation. Avec la complicité des dites banques "trop grosses pour être mises en faillite", selon la décision politique  qui perdure, prise aux USA dès 2008, comme en zone EU. Dans l'espoir illogique, au vu de l'évolution du prix de l'énergie fossile qui fait tourner le monde,  qu'une croissance mondiale économique est  devant nous, sans ajustement du niveau des dettes actuelles dans les banques privées; alors qu'un remède de cheval est imposé aux états-nations pour ce qui est de la dette publique.

Toute chose excessive, mensongère, a sa fin...on veut faire naviguer le bateau mondial afin  d'éviter le Charybde de la dette étatique, mais on oublie le Scylla de la dette privé qui régente la mondialisation!

Il est vrai que les éditorialistes du journal en question, réputé le plus sérieux au monde, l'admettent depuis peu, comme le démontre l'article suivant!  Au moins on a l'honnêteté d'assumer les contradictions de ses opinions passées; tout en fustigeant les Gaulois récalcitrants!


samedi 7 avril 2012

La Grande conjuration capitaliste - vu de l'Angleterre



Le déni de réalité : débat entre Gaulois et Anglo-saxons, vu par un journal anglo-saxon, et sa résonance médiatique. 


"On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère." Denis Diderot


En France il est clair que l'État s'occupe de tout, comme à son sommet; où le président est arbitre, joueur et sélectionneur d'équipe dans tous les domaines. Choses navrantes et choquantes, justifiées au nom d'une réalité de fonctionnement d'état quasi-absolutiste, gérées par une aristocratie républicaine, autiste et élitiste. Pratique qui se conformerait à l'histoire du pays, selon ceux qui ont enfanté ce système; au nom d'une certaine idée de la France...Mais laquelle? Celle qui fait le pied de nez à Montesquieu en défendant les thèses de Machiavel? Celle qui prétend qu'on peut être roi républicain par suffrage universel? Réconcilier en une seule personne, Tarquin et Brutus... Il  y a un déni de réalité si profondément écrit dans l'histoire tumultueuse des nations; surtout celles qui ont un passé millénaire...

Revenons au temps présent. La crise financière est le symptôme d'une crise de civilisation; une absence de compréhension de la chose économique, un surpoids de la décision étatique introvertie. Vu de l'Angleterre, la France, ainsi que ses voisins du sud européen, sont coupables de ce déni des valeurs du libre échange, compte tenu des comportements corrompus, incohérents, des états-nations dans leurs courses folles d'endettement; pour protéger un système d'état-providence qu'ils ne peuvent plus se permettre d'ériger comme auparavant avec les moyens dont ils disposent.

Une cure d'amaigrissement salutaire, et une mise en cause des politiques sociales, deviennent donc nécessaires afin de ne pas finir comme l'URSS, dans une grande implosion de la société tant politique qu'économique et sociale. C'est le diagnostic du monde anglo-saxon des maux des pays latins.

Depuis plus de vingt ans, ce même journal anglo-saxon défend les thèses ultra-libérales des Reaganomics et du Thatcherisme, du 'big bang' dérégulateur des marchés et de la mise en place du système d'arbitrage international, de l'externalisation d'investissements nouveaux en fonction du coût comparatif de la main d'oeuvre. Système de pensée stratégique qui s'est répandue dans la foulée, comme une trainée de poudre aux conséquences sociales cataclysmiques, de cette globalisation voulue des marchés. Le nouvel ordre mondial post-soviétique était né dans un élan ultra-libéral et néo-Templier du conflit des civilisations; tout concocté en terre de 'Pax Américana'; dictat imposé au monde 'libre'.

Par ceux qui raisonnent ainsi sur le plan économique et encouragent la mondialisation réglementée par des institutions multilatérales telles l'OMC, la FMI, la Banque mondiale, toutes inspirées par la même doctrine ulta-libérale, toutes exécutées par la société marchande privée, subtilement organisée  par le biais des centrales d'achat localisées dans les paradis fiscaux, utilisant à outrance l'arbitrage du marché du travail des nouveaux pays esclavagistes. C'est un système d'une logique implacable qui ne tolérera guère de contradiction venant de la part des pays émergents dès son démarrage. Cependant, on a vu que depuis dix ans ce n'est plus le cas, avec l'explosion des pays indépendants à fort potentiel économique sur la scène internationale, connus sous l'acronyme BRIC. Les premières failles du système hégémonique apparaissent avec les déficits structurels chroniques naissants entre pays consommateurs et pays exportateurs, dotés du surplus des réserves monétaires qui devient alarmant pour le pays phare qui gère la monnaie de réserve.

Mais tout ceci sera oublié pendant la crise de la zone Euro: les coupables désignés par le monde finance qui empêchent le monde de l'économie globalisée de décoller de nouveau  en 2011 seraient les récalcitrants du Club-Med, les PIIGS, qui sont à la traine avec leurs dettes publiques faramineuses, dont la tragie-comédie de la Grèce depuis deux ans est le signal le plus révélateur.

Le temps est compté aux pays indisciplinés de l'Euro-zone, y compris les plus grands parmi eux; l'Italie, l'Espagne et la France, tous coupables d'avoir versé l'argent public dans le tonneau de danaïde de l'état-providence, sans rendement ni efficacité économique.

C'est l'heure des comptes et elle sera sanglante. C'est le message de cet article qui traduit le sentiment dominant dans les pays anglo-saxons et protestants envers les pays latins et catholiques de l'Euro-zone : Sauvez vous-mêmes par l'austérité budgétaire afin de sauver la terre entière!

Mais d'abord réveillez-vous la France!

Pas si simple que ça, comme on verra par la suite...

« LA PARTIE CARRÉE » – « The Economist » raille une France « dans le déni » | Big Browser

France's future: A country in denial | The Economist