samedi 7 avril 2012

La Grande conjuration capitaliste - vu de l'Angleterre



Le déni de réalité : débat entre Gaulois et Anglo-saxons, vu par un journal anglo-saxon, et sa résonance médiatique. 


"On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère." Denis Diderot


En France il est clair que l'État s'occupe de tout, comme à son sommet; où le président est arbitre, joueur et sélectionneur d'équipe dans tous les domaines. Choses navrantes et choquantes, justifiées au nom d'une réalité de fonctionnement d'état quasi-absolutiste, gérées par une aristocratie républicaine, autiste et élitiste. Pratique qui se conformerait à l'histoire du pays, selon ceux qui ont enfanté ce système; au nom d'une certaine idée de la France...Mais laquelle? Celle qui fait le pied de nez à Montesquieu en défendant les thèses de Machiavel? Celle qui prétend qu'on peut être roi républicain par suffrage universel? Réconcilier en une seule personne, Tarquin et Brutus... Il  y a un déni de réalité si profondément écrit dans l'histoire tumultueuse des nations; surtout celles qui ont un passé millénaire...

Revenons au temps présent. La crise financière est le symptôme d'une crise de civilisation; une absence de compréhension de la chose économique, un surpoids de la décision étatique introvertie. Vu de l'Angleterre, la France, ainsi que ses voisins du sud européen, sont coupables de ce déni des valeurs du libre échange, compte tenu des comportements corrompus, incohérents, des états-nations dans leurs courses folles d'endettement; pour protéger un système d'état-providence qu'ils ne peuvent plus se permettre d'ériger comme auparavant avec les moyens dont ils disposent.

Une cure d'amaigrissement salutaire, et une mise en cause des politiques sociales, deviennent donc nécessaires afin de ne pas finir comme l'URSS, dans une grande implosion de la société tant politique qu'économique et sociale. C'est le diagnostic du monde anglo-saxon des maux des pays latins.

Depuis plus de vingt ans, ce même journal anglo-saxon défend les thèses ultra-libérales des Reaganomics et du Thatcherisme, du 'big bang' dérégulateur des marchés et de la mise en place du système d'arbitrage international, de l'externalisation d'investissements nouveaux en fonction du coût comparatif de la main d'oeuvre. Système de pensée stratégique qui s'est répandue dans la foulée, comme une trainée de poudre aux conséquences sociales cataclysmiques, de cette globalisation voulue des marchés. Le nouvel ordre mondial post-soviétique était né dans un élan ultra-libéral et néo-Templier du conflit des civilisations; tout concocté en terre de 'Pax Américana'; dictat imposé au monde 'libre'.

Par ceux qui raisonnent ainsi sur le plan économique et encouragent la mondialisation réglementée par des institutions multilatérales telles l'OMC, la FMI, la Banque mondiale, toutes inspirées par la même doctrine ulta-libérale, toutes exécutées par la société marchande privée, subtilement organisée  par le biais des centrales d'achat localisées dans les paradis fiscaux, utilisant à outrance l'arbitrage du marché du travail des nouveaux pays esclavagistes. C'est un système d'une logique implacable qui ne tolérera guère de contradiction venant de la part des pays émergents dès son démarrage. Cependant, on a vu que depuis dix ans ce n'est plus le cas, avec l'explosion des pays indépendants à fort potentiel économique sur la scène internationale, connus sous l'acronyme BRIC. Les premières failles du système hégémonique apparaissent avec les déficits structurels chroniques naissants entre pays consommateurs et pays exportateurs, dotés du surplus des réserves monétaires qui devient alarmant pour le pays phare qui gère la monnaie de réserve.

Mais tout ceci sera oublié pendant la crise de la zone Euro: les coupables désignés par le monde finance qui empêchent le monde de l'économie globalisée de décoller de nouveau  en 2011 seraient les récalcitrants du Club-Med, les PIIGS, qui sont à la traine avec leurs dettes publiques faramineuses, dont la tragie-comédie de la Grèce depuis deux ans est le signal le plus révélateur.

Le temps est compté aux pays indisciplinés de l'Euro-zone, y compris les plus grands parmi eux; l'Italie, l'Espagne et la France, tous coupables d'avoir versé l'argent public dans le tonneau de danaïde de l'état-providence, sans rendement ni efficacité économique.

C'est l'heure des comptes et elle sera sanglante. C'est le message de cet article qui traduit le sentiment dominant dans les pays anglo-saxons et protestants envers les pays latins et catholiques de l'Euro-zone : Sauvez vous-mêmes par l'austérité budgétaire afin de sauver la terre entière!

Mais d'abord réveillez-vous la France!

Pas si simple que ça, comme on verra par la suite...

« LA PARTIE CARRÉE » – « The Economist » raille une France « dans le déni » | Big Browser

France's future: A country in denial | The Economist