Quand la Cour des miracles devient le miroir aux alouettes
"Il y a des services si grands qu'on ne peut les payer que par l'ingratitude." de Alexandre Dumas
Le Roi Arthur et la Reine Guenièvre furent hôtes des chevaliers de la table ronde à Camelot. Cette scène est ressuscitée à la télévision chaque soir par le Grand journal de Canal+ ; où Michel Denisot et Ariane Massenet reçoivent leurs invités en maîtres du royaume médiatique, comme au concile joyeux et trépidant de la table ronde de Camelot, avec comme compère un Merlin l'enchanteur joué par l'impayable Apathie aux accents de troubadour de la réalité politique.
Dans la légende, la cour d'Arthur fut un moment de pure réjouissance jusqu'au moment où la lutte du pouvoir et la quête aveuglante du savoir absolu ont fini par ébranler l'entente des chevaliers, tous dévoués au bonheur du royaume. C'est toujours ainsi, l'orgueil démesuré des hommes finit par dévorer leurs meilleurs sentiments. La quête stérile du Graal et les visées néfastes de celui qui veut être roi en place du roi légitime, sont les recettes éternelles de l'infortune.
Nous avons nos doses quotidiennes de ces travers de société qui se faufilent devant nos yeux à la table de la messe nocturne sur Canal+. Le bouffon de service du Petit journal et les fantômes du passé, sous les traits des Guignols, nous régalent de leurs rires narquois sur la prétention des uns et des autres, dénudés au scalpel médiatique de leurs fards, farces et attrapes.
Brocéliande est pleine d'arbres morts et de princes ambitieux aux airs sincères qui dissimulent leurs caractères faux fuyants dans le décor éphémère des médias qui surfent sur le semblant du paraître.
Etre n'est pas paraître, et le Grand journal n'est pas image du réel mais une mise en scène du virtuel qui comble nos soirées vidées du sens du concret, par l'impératif médiatique du moment.
Nous sommes des acteurs de notre propre mystification à venir. Car nous nous contentons de l'image véhiculée par ce Camelot du virtuel, où le confort de l'opinion remplace l'inconfort de l'effort de la pensée profonde. Reine de nos nuits ni fauves ni vraies, mais si agréablement pimentées du doux parfum du bonheur à petites doses.
Panem et Circenses...
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