vendredi 9 mars 2012

Dialogues d'Outre-Tombe entre Chateaubriand et Victor Hugo

Dialectique du jour
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo
François-René de Chateaubriand - Wikipédia

Chateaubriand : Ah, Victor, toi qui a incarné ton siècle, regarde moi ces imbéciles : tes fils de la République et là où ils ont amené notre beau pays, devenu un pays où on prie Allah dans les rues et on abandonne nos chères églises, devenues des mausolées. Désormais on traite comme inclination mortifère nos croyances d'antan; nous n'y croyons plus en notre étoile de civilisation chrétienne. Où est passé notre foi dans notre destin collectif du pays de Saint Louis?

Hugo : Elle est passée par pertes et profits aux yeux de l'Histoire, celle qui fut écrite depuis que notre Abélard national, premier prince de la dialectique, prononça son combat pour promouvoir sa devise "Comprendre pour Croire";  qui l'a opposé au véhémence de Bernard de Clairvaux, celui qui imposa au pays la doctrine du contraire. Que vive cher Abélard et sa bien aimée Héloïse dans nos esprits collectifs.

Depuis, les fils de ce pays, où on a su encensé le sens critique au delà de la croyance aveugle dans un dogme, sont devenu des laïcs. Car cette religion est devenu l'opposé des valeurs de son origine. Loin de moi de critiquer les forces de l'esprit François-René, mais comme disait ton éponyme, la spiritualité n'est monopole d'aucune religion. On a eu huit guerres de religion dans notre pays pour nous enseigner cette dure vérité. Loin de moi de négliger si salutaire leçon de l'Histoire. Nos ainés des Lumières nous ont légué un ensemble de valeurs qui nous comble dans la laïcité. Je ne me plains pas de cette double appartenance spirituelle sur notre sol national, où le droit de jouir de ce privilège est imprescriptible pour chacun entre nous. Depuis les déclarations universelles des Droits de l'Homme.

Chateaubriand : Je te croyais plus brillant philosophe pour que tu ne nous rabattes cette vieille chanson des Lumières tombée en désuétude. Un peu de nerfs Victor! Que-est-ce qui fait tourner le monde si c'est n'est pas la primauté de l'excellence sur la médiocrité régnante? N'avons nous rien appris de César et de Napoléon pour tomber en si piètre régression? Penser que la démocratie vaille la peine d'être citée au panthéon des valeurs morales et d'excellence, au même titre que celle de la noblesse d'esprit et du sang; cela me laisse pantois. N'avons nous pas assez de repères historiques; de notre langue, dans nos têtes bien faites, dans nos âmes nourries de milles promesses et de légendes des siècles?
Pour qu'on ne tombe pas dans cette mièvrerie des valeurs de l'homme de la rue, du barbare le premier venu sur notre sol; décrétant ceux-ci comme équivalent à nos traditions de sublime excellence, dont nos flèches gothiques sont le plus beaux des symboles. Nous sommes les héritiers de César, de Charlemagne, de Saint Louis, pourquoi s'en offusquer?

Hugo :  Pour le brillant écrivain du verbe lyrique que tu fus je dis chapeau bas; mais pour l'homme du passé que tu es devenu je dis "basta". N'as tu pas donc compris, toi qui écrivis que les sentiments du "moi" en toi t'emportaient dans des vagues de passions si exaltantes, que le ciel touchait terre! Mais que dans ton imagination si féconde, celle du poète de l'éphémère, celle de notre pulsion  romantique de jeunesse d'orée. Allons, nous avons tous tourner la page. La sagesse vient de la marche du temps et des évènements façonnant notre vécu. Rien, ni personne, n'échappe à cette mise au point implacable imposée par la vie.

Dont acte; tu es resté l'éternel adolescent dans ton esprit, toujours ardent, toujours sans recul; sans que les faits n'altèrent ta vision du monde. Je retiendrai donc, que le morceau de viande qui t'était dédié, à ta gloire immortelle, reste la meilleure expression de ta passion éternelle pour la bonne chair des vieilles idées nostalgiques!

Chateaubriand : Ah, la viande halal! Quelle supplice supplémentaire.

Chateaubriand : romantique et diplomate donne son nom au steak: Voix de la Russie
Pierre Abélard - Wikipédia

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