mardi 20 mars 2012

Le Sang des Innocents, la récolte des Puissants

Fractures de civilisation ou le retour des quatre cavaliers


"Dans les grandes crises, le coeur se brise ou se bronze." de Honoré de Balzac

Pendant deux ans, le monde a retenu son souffle alors que le continent Européen perdait pied dans la marée montante des dettes souveraines de petits pays limitrophes, connus sous l'acronyme des PIGS. Le premier qui flancha fut la Grèce et son supplice dura deux ans alors que le pays ne représentait que 3% de la zone Euro; autrement dit, c'était du menu fretin. Désormais c'est le peuple grec qui paiera et pour longtemps avec la rage au ventre, les larmes aux yeux.

Pourquoi le couple Merkozy est-il resté figé dans un rictus indécis alors que la spéculation du marché sur les PIGS battait son plein? Question restée sans réponse. La crise s'est aggravé au point où le coeur du système Euro fut atteint. On a finit par trouver une solution qui consiste à ajouter la dette à la dette et qui pourrait compromettre les économies de ses deux plus forts piliers pour plusieurs années.  C'est le nouveau patron de la banque centrale qui a trouvé cette solution de la dernière chance; provisoire, mais qui a réussi à éteindre l'incendie pour l'année en cours en zone Euro. Pour combien de temps?

Derrière cette crise se dresse une crise encore plus sinistre aux Etats Unies, où il est question de relancer une économie moribonde avec la formule d'imprimer le dieu dollar à l'infini, pour dévaluer la monnaie étalon et effacer ainsi la dette américaine sur trente voire cinquante ans!  Vaine fadaise, car entretemps les créanciers asiatiques seraient mieux avisés de changer de monnaie étalon, obligeant ainsi les Etats Unies de devenir un pays comme un autre. Ce jour là, la terre s'arrêtera de tourner pour les 330 millions de citoyens du premier pays du monde. Et tous ceux qui en dépendent pour assurer leur propre survie comme pays assujetti au Dieu dollar.

Aucun pays ayant exercé une telle hégémonie sur le monde depuis 70 ans n'acceptera une telle descente aux enfers. On entend déjà la phrase prophétique de Clausewitz : La guerre c'est la diplomatie par d'autres moyens. Nous avons déjà le sentiment que le Moyen Orient, avec son or noir stratégique, deviendra le noeud de discorde opposant l'appétit des USA endettés jusqu'au cou et la Chine dévoreuse des matières premières, qui postule déjà à la position de leader mondial grâce à sa population et son économie devenue sur-puissante. Le monde devient trop petit pour nourrir et transporter 8 milliards de humains.

Alors, dans de telles situations, il y a des signes prémonitoires; un petits pays tient le monde en haleine à cause de l'indécision des grands. La face cachée de la finance et son extrême fragilité restent sujet tabou...

Un fait divers, un tueur fou sur une moto à Toulouse et à Montauban a laissé une trace sanglante dont trois enfants tués de sang froid. Le monde s'indigne alors qu' Israel tient la Palestine dans un état de siège permanent et s'insurge quand Lady Ashton lui rappelle la dure réalité dans la zone de Gaza. La Syrie  vit un état de guerre civile comme la Libye auparavant l'an dernier; que l'Iraq, malgré son million de mort depuis 2003, risque de passer à nouveau en guerre civile. Israel se prépare à attaquer l'Iran de façon préventive à cause de son programme nucléaire, avec le soutient actif des USA. Un acte qui serait à condamner comme un acte de terrorisme d'état selon les conventions en vigueur.

Devant une telle montée des périls,  le moindre trouble civil peut allumer le feu d'un incendie mondial. Le monde craint de nouveau un évènement de type Sarajevo 1914 et semble marcher sur des oeufs. Un Templier d'Oslo regarde dans le miroir son frère jumeau de Jihadiste toulousain. Le monde revient dix siècles en arrière comme a voulu faire GWB en 2001 et surtout en 2003 pour riposter à Ben Laden. Entre les puissants du monde et les extrémistes de tout bord, il semble qu'il y ait une convergence inquiétante de sentiments. Cela s'appelle régression.

La phrase -- l'insoutenable légèreté d'être-- devient de nouveau un sujet existentiel de premier plan. Comme l'avait inventé de façon mémorable  Kundera, pendant le tristement célèbre printemps de Prague; qui ressemble comme deux gouttes d'eau au printemps Arabe récent.

Armes silencieuses pour guerres tranquilles

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