Histoire d'une conviction ratée mais d'une prémonition réussie
"Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices." Honoré de Balzac
Anachronisme du passé glorieux de l'Europe prolétaire, spartakiste et admirateur de l'USSR, prix Lénine de la paix, chantre de la révolution culturelle maoïste, Joris Ivens, surnommé le documentaliste Hollandais volant, a une filmographie riche en contes héroïques stakhanovistes.
Son opus majeur signé en 1976, "Comment Yukon déplace les montagnes", est une ode au maoïsme chinois et au don de soi à une grande cause collective par toute une jeune nation, refleurie de son passé ankylosé.
D'une coupable naïveté folle, car il occulte les horreurs commises par le régime totalitaire, cette épopée évoque néanmoins, grâce aux images de ses masses laborieuses chantantes, la situation de la Chine de nos jours. Devenue deuxième puissance mondiale économique, précisément grâce aux efforts fournis, non pas par la révolution marxiste maoïste, mais par celle qui la suivit; consentie dans un nouveau élan idéologique capitalo-communiste concocté par Deng Xiaoping, le successeur de Mao.
La Chine est désormais occidentalo-compatible; suite à une mémorable partie de ping-pong!
Le tandem Apple-Walt Mart en sait quelque chose, comme les consommateurs gavés du monde occidental!
Dans le marasme mondial actuel, le poumon de la consommation planétaire reste le marché intérieur chinois, avec son taux de croissance avoisinant 9% l'an depuis une décennie. Tant par son exportation bon marché --qui nourrit l'Occident--que par son importation des matières premières--qui relance les économies de ses confrères du BRIC-- et de la région limitrophe du pacifique; dont l'Australie et le Japon sont des grands bénéficiaires.
Les reflexes protectionnistes désormais visibles en Occident, des deux cotés de l'Atlantique, risquent de briser ce dynamise planétaire. Déjà, la guerre monétaire que livrent les USA et la Chine pour défendre leurs économies, ont beaucoup fait depuis la crise de 2008 pour tendre le climat géopolitique du monde.
On demande à la Chine de réorienter son appétit de croissance de l'exportation vers son marché intérieur d'un milliard and trois cent mille âmes, dont beaucoup vivent dans des conditions d'esclavagisme économique, tant dans les nouvelles villes poussées comme des champignons, qu'à la campagne désormais traitée comme hinterland; source d'un lumpen-prolétariat désorienté par une croissance effrénée ailleurs dans les zones côtières et qui draine ses populations. Chose manifestement voulue par le parti communiste toujours au pouvoir, dernier pied de nez à son histoire fournie par ce mandarinat nouveau style qui n'a rien à envier à la ploutocratie occidentale.
Yukon est devenu méconnaissable mais a de beaux jours devant lui...à moins que la crise économique et financière ne le rattrape également, prenant en otage les investissements faits dans l'immobilier mirobolant qui surplombe tant ses villes phares que les lointains citées dortoirs devenues villes fantômes car pléthoriques de surdimensionnement mal orienté.
Chinese Economy Already in ‘Hard Landing,’ JPMorgan’s Mowat Says - Bloomberg
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