"Un homme est bien fort quand il s'avoue sa faiblesse." de Honoré de Balzac
La campagne politique en cours pour la présidentielle française apporte son lot d'humour décalé et de mise en scène médiatique. Pour convaincre le spectateur télévisuel du soir qui sera demain dans l'isoloir, tout est question d'image, de la prestation apparente et de sa sincérité affichée; de son aisance devant les inquisiteurs médiatiques ravis d'être une fois à pareille fête comme le bourreau et non pas comme le supplicié devant leurs puissants interlocuteurs. Obligés d'être à contre-nature très souple d'esprit afin de séduire ceux du camp opposé. Les piques et travers de ces inquisiteurs d'un soir, leurs rires et leurs peaux de bananes lancées en l'air, pour faire trébucher le candidat-- le faire sortir de ses gongs, faire fendre son armure-- font tous partie des pas de danse dans ces bals masqués incessants et virevoltants joués devant la nation entière en cette période électorale.
Un bon exemple de ces farandoles politiques censées amadouer les spectateurs, faire grimper audimats et intentions de vote, est donnée dans la rencontre de Sarkozy, Président actuel et candidat à sa propre succession, avec l'imitateur humoriste Nicolas Canteloup. En réalité, le candidat bon enfant assiste à une performance sur la radio de l'imitateur, où il joue tantôt une personnalité politique interpellant le candidat Sarkozy, tantôt le candidat lui-même; avec sa truculence habituelle. Numéro de prestidigitation hors pairs, comme d'habitude, on a envie de dire, de la part de Canteloup; très apprécié par le candidat Sarkozy, malgré l'auto dérision que cela comporte de sa part en tant que victime consentante du numéro inégalable par ses mimiques de l'humoriste.
Le candidat Sarkozy a besoin d'améliorer son image écornée de Président, traité de méprisant et cruel, d'après le New York Times; afin de faire adhérer surtout des jeunes électeurs à sa candidature. Plus il paraît "cool" devant les médias mieux ça se passera avec des jeunes, qui, d'après les sondeurs, ne sont pas séduits par son début de campagne, très droitière, très raciste et xénophobe; toujours selon la presse internationale, puisqu'il s'agit cette fois-ci de l'opinion du très conservateur Wall Street Journal.
Son challenger le plus sérieux et favori des sondages actuels est François Hollande, le socialiste.
Dans un entretient télévisé, celui-ci, traité de "flanby" par une partie de la presse, de "capitaine de pédalo" par son rival du parti d'extrême gauche, avait besoin de montrer au public qu'il "en avait là où ça comptait" pour diriger le pays avec une main ferme. Il s'est fendu dans un face à face avec la presse et avec son rival politique du jour, dans un numéro impressionnant, affichant une mine décidée contre vent et marées afin d'imposer des mesures drastiques d'impôts supplémentaires, --qualifiés par son adversaire d'être excessives, de nature confiscatoire et de surcroît illusoires car irréalisables-- et à l'Europe entière sa nouvelle politique de relance économique qui mettrait à mal les engagements pris par le Président Sarkozy au nom de la France.
Comme disait le journaliste-médiateur en conclusion, le candidat Hollande avait "bouffé du lion" lors de cette prestation remarquée qui mettrait sens dessus-dessous la France des riches et l'Europe des 27.
Il est clair que par les temps qui courent, les candidats ont intérêt de fendre leur armure, et de suer des litres de transpiration dans leur quête de la consécration suprême le 6 Mai prochain.
Au point où la marge entre le virtuel et le réel deviendra, pour les besoins de la cause sacrée, un numéro de prestidigitation supplémentaire.
Le reveil le lendemain pour le candidat élu et pour le pays risque d'être brutal par la suite; à la lumière de la réalité crue et par rapport aux engagements pris devant la nation. Pour son rival malheureux il sera question de la Tentation de Venise...
"Nicolas, mon petit Playmobil d'amour" - Yahoo! Actualités France
Hollande contre-attaque sur France 2 avec de nouvelles annonces - L'EXPRESS
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire