mardi 13 mars 2012

Aguirre, la Colère de Dieu

Histoires parallèlles


"L'argent est l'argent, quelles que soient les mains où il se trouve. C'est la seule puissance qu'on ne discute jamais." de Alexandre Dumas

Au temps des Conquistadors espagnols, la recherche de l'Eldorado fut un rêve d'aventuriers, à la fois conquérants et avides de gains matériels, au travers du symbole d'une cité mythique toute dorée des Incas. C'est l'histoire d'un idéaliste aux pulsions pathologiques qui le poussent à confondre la dure réalité de la forêt tropicale amazonienne avec l'illusion du pouvoir que procure la richesse illimitée.

De nos jours, par les temps qui courent, cette même pulsion pathologique d'avidité de gains mirobolants se manifeste par le comportement des marchés financiers tous voués à une spéculation frénétique depuis une dizaine d'années; à la recherche d'une nouvel Eldorado, celui des bulles  d'actifs financiers sans cesse renouvelées. Générées par l'appétit sans fin des conglomérats bancaires et des Hedge Funds, fond de vautours, qui n'ont ni loi ni foi sauf dans leur propre performance financière. Grâce à un effet de levier à faire pâlir Archimède que procure un argent mis à leur disposition  par des banques principales ayant pignon sur rue.

Ces mêmes banques, étant à la fois actionnaires et clientes de la toute puissante FED américaine, gardienne mondiale de la monnaie de réserve,  se procurent l'argent que la FED imprime à taux zéro (ZIRP). Et dont bénéficient les Hedges Funds pour leurs placements hasardeux dans des instruments de produits dérivés concoctés par eux et exploités par les banques aux travers de leurs réseaux mondiaux d'argent tous électroniquement gérés.

Désormais actionnés par des robots qui inondent les marchés dans des millisecondes, à partir des plateformes alternatives appelés "dark pools" qui ne sont pas régulées par les régulateurs nationaux. De ce fait, les marchés pratiquent leurs activités spéculatives en toute quiétude sur la base d'interventions que nul individu ne peut concurrencer. Car la robotique et l'accessibilité instantanée fait que le marché est désormais biaisé.

Les nouveaux conquistadors n'ont pas seulement la haute main sur la finance par leur puissance de feu mais désormais "Greed is good", leur philosophie de vie, est devenus très respectable auprès des nouveaux maîtres du monde; les Charles Quint de notre époque dorée. Ensemble, la classe politique qui régente le Pax Américana dans le monde et le puissant lobby bancaire, ont décrété que le soleil ne se couchera jamais sur l'Empire de ce nouveau Eldorado érigé par Wall Street-City dans le monde circulaire, déconnecté et fermé dans sa tour d'ivoire, de l'argent roi.

C'était avant le Crash de 2008...où le rêve d'Aguirre s'est évanoui comme beurre fondant sous les rayons du soleil écrasant de la colère de Dieu-la-Raison. On ne peut pas faire tourner le monde dans l'illusion que l'argent papier et les titres toujours grimpant des sociétés cotées en bourse  se comportent comme une machine perpétuelle à faire gagner de l'argent. Les lois de la thermodynamique comme les lois de l'économie interdisent tel postulat et illusion.

Hélas, la persistance depuis de ce même comportement pathologique par les mêmes acteurs restés impunis et surtout sans contrainte du politique, fait que désormais le marché mondial a propagé la même maladie de façon encore plus virulente à la zone Euro. Le virus Goldman Sachs est désormais une pathologie mondiale du monde finance.

Nous en sommes tous pour nos frais.
Car nos Rois, c'est nous qui les avons élus!
Aguirre c'est nous...

A moins que la vérité du pouvoir réel de cette nouvelle oligarchie de l'argent nous soit caché; comme au temps où César a franchi le Rubicon!

Dans ce cas, tremblez Démocratie et République!

Aguirre, la colère de Dieu - Wikipédia
Eldorado - Wikipédia
HFT et Dark Pools : les outils d’une finance incontrôlable | Batou.FR

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