lundi 14 octobre 2013

Quand l'histoire s'accélère au son d'une Apocalypse ou d'une nouvelle Renaissance

Sème le vent récolte la tempête

Au son du canon en Syrie et ailleurs, pendant les printemps arabes, les bourses se sont envolées; comme si la rente pétrolière résultante de l'incertitude géopolitique constituait la sève de la spéculation boursière. Cette effervescence boursière actionnée par des algorithmes au travers des "dark pools", des bourses non régulées, est toute consacrée au service de cette nouvelle aristocratie des milliardaires; les 1% de la classe dirigeante, non pas politique mais financo-industrielle; les nouveaux maîtres d'une planète pourtant en pleine régression écologique. A coup d'investissement essentiellement à courte terme dans le finance et les matières premières par le biais des produits dérivés; énorme marché qui dépasse de loin l'économie réelle et qui est contrôlé par des banques-hypermarchés "trop gros à défaillir", devenues incontournables; ainsi les véritables maîtres de la planète pour leurs clients de la ploutocratie mondiale.

Mais là, c'est un niveau qui a été atteint qui dépasserait le seuil du raisonnable dans un monde devenu décidément déraisonnable. Car le retour sur investissement dans l'économie réelle s'amenuise, tant dans les pays développés que dans ceux dits émergents; les BRICs. L'économie réelle s'éloigne de l'économie finance de plus en plus avec chaque jour qui se passe. La croissance réelle est aux abonnés absents et cela depuis cinq ans déjà et ce n'est pas fini de sitôt vu le piteux état des finances dans les pays dits PIIGS de l'EU et ailleurs, notamment au pays phare les USA, eux aussi prisent dans l'ouragan finance.

Alors, d'où vient cet espoir des jours meilleurs? Pourrait-il venir juste de la création monétaire des banques centrales de la planète? Celles qui font tourner les planches à billets alimentant les banques privées dont les bilans sont tellement opaques et immiscés dans la finance "hors bilan" et  "de l'ombre", que nul ne peut dire si c'est du lard ou du cochon.
             Surtout comme le cochon d'Inde a du plomb dans l'aile, ayant perdu sa croissance insolente venant de "l'outsourcing"; soit de l'exploitation à outrance du coût de la main d'oeuvre  esclavagiste comme au Bengladesh dans la cadre d'un concept au combien arrangeant pour certains politiques aux commandes et inodorant pour les riches qui en bénéficient outrageusement et qu'on appel la délocalisation mondialisée. Une mondialisation sans contre partie sociale ni écologique qui aggraverait les écarts de niveau de vie dans les pays tant riches que pauvres. C'est un retour à la néo-féodalité à grande échelle.

Alors que malgré la masse monétaire que fournit les planches à billets, dont la tête de file est celle de la FED, avec l'EU et le Japon non loin derrière, mise à disposition des banques commerciales affamées de crédit et à des taux d'intérêt zéro, sans contrepartie réelle en collatérale, l'économie marchande reste atone.

Comme c'est étrange! Les banques centrales ont des bilans qui sont lourdement endettés avec des obligations pourries en contrepartie ne valant pas grand chose en cas de crise grave... Et tout ça serait à supporter par le contribuable qui paie deux fois ainsi : une fois à sa banque pour des frais qui ne produisent pas un crédit ni au consommateur ni à l'investisseur, une autre fois sous forme d'impôts à l'état vu sa situation des finances dégradés à cause de sauvetage sans fin du système bancaire.

La crise que vit le Congres américain au sujet de la dette fédérale et les dépenses budgétaires;  sources de confrontations virulentes et stériles, dans une impasse totale; car les uns veulent soutenir les dépenses pharaoniques pour la défense (MIC) les autres pour les programmes sociaux; risque de porter atteinte à la crédibilité du système monétaire mondiale reposant sur l'hégémonie du pétrodollar. Cette dernière devient le noeud du problème à l'échelle monde au point où les voix se lèvent en Chine et ailleurs, dont Dominique de Villepin se fait remarquer en devenant une caisse de résonance très discordante vue ses origines occidentales et son pédigrée politique très franco-française.

Entre la victoire politique en Syrie de Poutin et les signes d'une rébellion monétaire en provenance de la Chine qui bientôt pourrait exiger de payer ses importations d'or noir en provenance du Moyen Orient en sa propre monnaie de Yuan et non pas en US dollars; monnaie de réserve.

Le monde pourrait basculer du système de "Pax Americana", planche de salut de l'Occident depuis 1945, à autre chose, dont on connaît ni la portée ni les conséquences à l'échelle monde. Un véritable séisme qui gronde et se propage en catimini en quelque sort depuis des décennies, signe d'une décadence profonde  du système capitaliste américain, alimenté par la dualité irréconciliable de sa classe dirigeante et qui se manifeste dans cette bataille autour de la faillite budgétaire des USA.

Elle pourrait être mise en exergue très rapidement, à moins que le pays impérial réagit de la manière forte pour confronter ses créanciers sur le champ de la guerre; chose encore inimaginable.

Nous vivons des temps précaires et instables, soit d'une Apocalypse généralisée à venir soit d'une Renaissance qui risque d'être très sanglante pour les économies et le tissu social des pays développés, comme ailleurs, afin de réorienter leurs modes de production et de consommation...dans le contexte d'une pénurie des denrées alimentaires et de l'énergie bon marché.

Tandis que les Alawites au pouvoir en Syrie conspuaient les récriminations venant des Occidentaux adossés localement à des Islamistes radicaux, pour savoir d'où venait les armes chimiques source de la génocide des innocents; tandis que les Islamistes radicaux au Mali et en Afrique prenaient en otages des innocents en représailles de l'activité occidentale pour soutenir un Israel sioniste ou un Françafrique  ou un enclave britannique néocolonialiste; tandis que le Qatar et l'Arabie Saoudite pétrie de wahhabisme sont aux commandes pour encourager la dissémination de l'Islam radicale; tandis que Malala la fille pakistanaise réclame la fin de l'utilisation des drones dans les zones tribales source de radicalisation des populations; tandis que les Talibans menacent les USA d'un nouveau ultimatum en Afghanistan; tandis que l'Iran accélère son intégration dans le giron Russo-chinois; tandis que l'Irak s'engouffre de nouveau dans des luttes factieuses-- le représentant de la Maison Blanche fait des courbettes aux uns puis aux autres pour éteindre les incendies que son pays a allumées par le passé, justement afin de bâtir son hégémonie pétrolière.

Reculant désormais dans un pas de deux répété avec différents interlocuteurs, comme s'il subissait des piques venant d'épées enfoncées dans ses reins par les exaltés des deux camps, ne sachant pas où se trouve son salut. Son pays se trouvent en délicat posture, écartelé, car empêtré dans des alliances impossibles dans cette région, depuis toujours un noeud gordien névralgique du monde de l'or noir.

Comme la guerre n'est plus une option qui puisse être envisagé dans un contexte de repli général du pays phare implicitement reconnu comme fruit amer d'un lourd tribut à son passé sanguinaire ; sauf en cas de crise grave; provocation comme jadis perpétrée à Sarajevo; qui puisse être considérée comme faute lourde politique ou comme crime irrémissible de son ennemie invisible. Dans une guerre asymétrique, déclenchant une riposte ailleurs au cri  d'un casus belli contre les intérêts occidentaux mondiaux.  Scénarios déjà vécus en Irak et en Libye récemment par les ennemies déclarés de l'Occident.

Les fantômes de Mossadegh, de la golfe de Tonkin et des ADM de la crise irakienne, tous fabriqués avec des relents d'un mauvais vent machiavélique et mensonger, viennent hanter les USA. Autant que l'héritage de Ben Laden; encore un pur produit de ses propres machinations diaboliques commises au Afghanistan lors de sa croisade anti-soviétique, comme la filière Taliban créée ex-nihilis puis disséminée par le CIA au Pakistan avec le soutien saoudien. Etre un pays hégémonique comporte des contreparties vénéneuses.

Etrange ballet que fournit le Don Quichotte américain ayant largué son Sancho Panza français dans les oubliettes; celui qui réclame à cor et à cri la "punition" du camp des sanguinaires Alawites; et qui  constitue une signe inquiétante d'une vacuum idéologique; sans stratégie visible ni lisible. Elle génère de surcroît par ricochet aux pays de "homeland" une réaction à la fois virulente et incrédule devant les implications sinistres d'un volet supplémentaire de cette politique sournoise devenue complot étatique, aux relents totalitaires, ourdi au travers d'une matrice régressive et envahissante de "NSA spyland".

L'Occident a perdu son latin à cause de ses propres erreurs passés récurrents et incohérents dans la région. Va-t-il aussi perdre sa logique économique et financière bâti depuis des lustres par Venise et Florence au temps de la Renaissance, pour les mêmes raisons que les faillites d'antan des banques toscanes?

 L'image de Pax Americana est passablement terni, est-ce que c'est le début du déclin américain?

La crise de 1929 ne fut pas autre chose, alors qu'aujourd'hui c'est pire : la nature incestueuse du système bancaire rend le risque systémique à plus grand échelle. Le monde finance domine outrageusement le monde marchand. On n'a rien appris de la faillite de 2008... Et le choc de 1929 fut  l'accélérateur  du déclin du modèle colonial européen, dans le monde pris dans le cyclone de la faillite de Wall Street. La livre britannique n'était plus la monnaie de référence et l'étalon or aussi est devenu par la suite un vieux "relique barbare" après la guerre, avec la naissance de l'hégémonie du dieu dollar qui est arrivé à grand pas comme sauveur du monde. Les cycles monétaires se ressemblent comme des frères siamois.

L'Europe se recroqueville de nouveau devant les nuages d'une invasion d'indésirables, dans une cacophonie européiste tirant à hue et à dia dont même les plus ardents supporteurs européens ne comprennent plus rien à son sémantique illisible. Dans une bipolarisation aiguë du continent scindé, selon un axe nord-sud, qui perdure depuis cinq ans et qui risque de sonner son éclatement définitif au cas où la crise sociale s'accélère devenant spirale incontrôlable.

Le Japon subit toujours dans des conditions inconnues, mais dont les signes visibles sont très inquiétantes, le saga de Fukushima qui discrédit la filière nucléaire à fission de façon irrémédiable à longue échéance. On ne fait pas bouillir de l'eau avec l'atome radioactif à haute dose, dont on ne sait pas quoi faire ni avec des déchets ni avec des zones à décontaminer par la suite. A moins de vouloir vider la planète des homos sapiens.

C'est là où se trouve le monde de nos jours. A qui le prochaine tour pour être jeté dans les feux de la cirque de Dante?

"L'esprit de la nation incarné par l'Etat dit des jolies choses et n'en fait que des petites."                  En attendant que la cloche sonne la fin de partie  pour enfin proclamer  :                                    "Quand on veut pas être faible, il faut souvent être ingrat"...  Denis Diderot.

Le  train de vie de l'Etat et de son Enarchie s'en souviendront, à ne pas en douter, dans une remise en état qui sera mémorable.


vendredi 31 août 2012

De la philosophie et le choix de Sophie

Cultive ton jardin...Voltaire

La fille allongée sur son transat le boudait d'un air désabusé. Il avait le don maladroit ce matin là de la contrarier pendant ses vacances estivales censées recharger ses batteries de salariée cadre dans une entreprise multinationale.

"Tous que tu me racontes me fait penser que la vie devant nous est d'une grisaille épouvantable. Que notre génération ne connaîtra que des contraintes et des régressions sociales. Je préfère vivre dans mes rêves et côtoyer la réalité des médias éphémères qui m'envoient une vision rose bon-bon de notre quotidien. Plutôt que de contempler les abimes du monde contemporain que tu me décrivent."

Son père réfléchissait, baigné  du soleil au bord de la piscine méridionale, perdu dans ses pensées d'un autre monde, où la causalité des faits est chose liée avec les actes antérieures d'une humanité menée à la dérive par les agissement des élites au pouvoir. Le monde finance, nombril des évènements d'actualité selon les nouvelles du jour, n'était qu'action et réaction en chaîne sans aucune emprise réelle sur la situation des pays du 'club-Med' enfoncés dans un marasme économique gravissime depuis des mois. Une spirale sans fin qui amenait  le premier monde droit dans le mur, pris dans la contagion par banques interposées, d'une crise d'endettement sans issue; dont le coeur était constitué par les agissements des banques centrales principales : la FED et la BCE.  Animées par une volonté farouche d'imprimer de l'argent de façon illimité, sans provision sous forme de contre-partie des biens collatéraux dans leurs bilans, prêté exclusivement à taux zéro aux banques principales asphyxiées par leurs troubles opérations antérieures, la dissémination de cette monnaie ajoutait la dette à la dette, au lieu d'éteindre l'incendie. Un coeur du monde finance qui ressemblait de plus au plus à ceux des réacteurs sinistrés de Fukushima...

Alors que sa fille bien aimée voulait rien entendre de cette réalité là; préférant nier ce panorama effrayant mais bien réel qui enfonce le monde européen dans un carcan de rétrécissement  social et économique, pour mieux s'enfermer dans  un "Carpe Diem" calfeutré.

La réalité show de notre époque médiatique si passagère était sa source d'apaisement quotidien.
Alors que l'étau de la crise à venir mettait en danger son avenir sous les décombres d'une paupérisation généralisée, comme on voyait dans les rues d'Athènes.

"Pourquoi pas, après tout, on n'est jeune qu'une fois dans sa vie," il se disait pour se réconcilier à sa philosophie d'une jeune et sémillante femme de vingt et quelques ans. Le Décaméron blues de Boccace et la Renaissance news d'Erasme...se fusionne quand le monde bascule...

Une question de philosophie de vie. Choisir entre le bonheur du moment ou le souvenir enfoui,  enseigné par l'histoire, d'une vérité implacable qui revient toujours au galop comme la nature de l'homme primitif.

Cela lui rappelait la lutte acharnée d'antan menée par un héros mythique d'une époque révolue : Voltaire.

Celui qui terrassa dans sa épopée des Lumières à la fois le dogme religieux et la sang bleu des "aristos"; pour déclamer sa foi dans le progrès rationnel. Celui par qui le malheur arriva, selon les conservateurs nostalgiques de l'ancien régime, pour abattre les deux piliers de leurs croyances millénaires, balayés à jamais : l'ordre féodal et l'ordre clérical.

Ayant mise à mal ces vieux démons de la nouvelle société en gestation, ayant nettoyé l'écuries d'Augias de l'Europe décadente et ankylosée, de quoi rêve notre héros à la fin de sa vie ?

A Candide ou l'optimisme! Cultiver son jardin, loin de la foule agitée, pour trouver sa propre quiétude.

Carpe Diem, paysage paisible d'une vie heureuse, à vivre en cachette et qui n'est que le fruit des sacrifices antérieures pour assurer son avenir. Après la tempête la paix bien mérité.

Comment expliquer cela à la jeunesse quand le temps des tempêtes arrive à l'horizon?

Alors que l'ordre néo-féodal renaît devant nos yeux sous forme de l'oligarchie de l'argent tout-puissant; et que l'ordre clérical a toute sa place dans le tiers monde en ébullition.

C'est le retour au temps des épreuves. L'exemple de nos icônes est de nouveau d'actualité.

Candide - Wikipédia
Le Choix de Sophie - Wikipédia

lundi 9 avril 2012

La Grande conjuration capitaliste - vu par les analystes des USA


Le maillant manquant : la relation de cause à effet entre la crise de 2008 et celle d'Eurozone en 2011

"Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène." Denis Diderot

Ce que The Economist oublie de mentionner c'est que la crise de l'Eurozone est la conséquence directe de la crise bancaire mondiale de 2008. La dette privée ayant été socialisée dans toutes les zones de la Trilatérale, il en résulte que ce transfert des dettes de la comptabilité privée vers la comptabilité publique des pays riches entrainent à la fois un alourdissement conséquent des dettes publiques et une chute spectaculaire de leurs économies en 2009, englouties dans la récession; qui aura comme conséquence d'aggraver encore plus les dettes publiques pour effectuer la relance supplémentaire nécessaire; une relance qui sera aussitôt plombée par le manque de liquidités des mêmes banques commerciales qui ont été auparavant sauvées par les États. Les économies du monde sont entrées dans une spirale vicieuse qui se mord la queue. 

De toute évidence les banques nous cachent le montant de leur vrai ardoise. La période 2009-2011 serait la décantation de cette mystification, au travers des méandres incessants de la crise grecque, malgré les tentatives désespérées des banques centrales afin de relancer les économies à coup de la fabrication sans fin de monnaie papier injectée dans l'économie réelle; les LTROs et QEs. 

Qui est désormais le plus grand pourfendeur de ce système de financiarisation à outrance, érigé depuis vingt ans et qui a fait exploser le monde finance en 2008; menaçant désormais comme une tumeur grandissante de faire pire, surtout aux économies des pays avancés surendettés, inondées par un excès de relance monétaire stérile et sans conséquence réelle sur les économies atones?

Ce sont les analystes financiers issus du même monde de la finance, qui démontrent chiffres à l'appui que le système actuel est hors de contrôle et va droit dans le mur. Ce sentiment est partagé par la majorité de la communauté indépendante de WS, et de surcroît également par la plupart des analystes financiers du web-monde sur cinq continents, oscultant les marchés tous les jours depuis quatre ans!

Lisez les blogs financiers américains et il n'y a pas photo. Désormais, l'arithmétique des dettes cumulées ne peut plus être ni détournée ni diminuée par un montage du type machine perpétuelle de croissance économique sans entrave, sur commandite de manière administrée; par la relance monétaire centralisée de la demande d'inspiration keynésienne comme en 1945. Ce qui semble être la politique monétaire laxiste en vigueur.

Qu'une telle décision soit l'expression de notre réalité actuelle serait le fruit d'un revirement étonnant, car à rebours, à contre-courant, vu la politique menée depuis trente ans. Un virage à cent quatre vingt degrés de la politique libérale passée; désormais concoctée par l'imagination désespérée des élites en charge des banques centrales du monde, et leur commanditaires politiques, vivant dans leur tours d'ivoire, déconnectés du monde réel des soubresauts imprévisibles et d'amplitudes grandissantes des marchés sans boussole; tous les marchés de toutes catégories de produits financiers à risque. Nous serions dans un mode de gestion du monde finance qui va à hue et à dia, avec la banque centrale qui maintient sous perfusion le secteur privé en sur-régulant  son activité par rapport aux désirs des lois naturelles du marché.

Pourquoi cette inquiétude grandissante  des analystes de la City et de WS, alors que le prestidigitateur de Goldman Sachs, en charge des destinées de la banque centrale européenne, prétend le contraire?  Comme son homologue à la tête de la FED américaine!

La réponse est limpide : la bulle toujours croissante des produits dérivés, désormais évalués à 700 000 milliards de USD, soit d'un montant nominal de plus de 10 fois  la richesse réelle économique du monde global, devient incontrôlable. Pour manipuler tous les jours les intérêts associés avec des tels paris pris par les banques privées du monde, il convient d'admettre qu'aucun système au monde ne pourrait survivre à l'éclatement inéluctable de cette bulle qui est la pure création du secteur privé.  Précisément créée, donc,  par les acteurs au nom desquels le journal anglo-saxon défend le système des marchés en place. En l'absence de  croissance réelle  en zone déficitaire pour éponger même une quantité infime des dettes privées accumulées, il faudra de la croissance réelle ailleurs, dans les marchés émergents qui remplacerait la croissance du premier monde. Or, ceci est singulierement absent désormais de l'écran du radar surveillant les marchés en question; avec l'affaissement visible, prévisible, de l'immense marché interne chinois comme celui de l'Inde soumis à un déficit croissant du fait de son importation galopante du pétrole.

D'où l'inquiétude grandissante d'analystes branchés sur le monde finance par le réseaux électronique instantané du Web, qui ne sont plus dupes des manipulations boursières infligées aux travers de leurs transactions opaques de gré à gré par des banques universelles qui croulent sous la dette.

A la lumière de cette carence du secteur privé bancaire, les écarts de financement des états paraissent infimes; lilliputien de taille devant le Gulliver de la dette bancaire mondiale; détenue par  une camarilla de banques enchevêtrées dans des transactions incestueuses impossibles à déchiffrer de l'extérieur mais qui lient leur destin collectivement de ce simple fait. Ainsi que ceux de leur princes politiques...

Le journal en question ne parlait point de cette autre déni de la réalité depuis 2008 alors qu'elle défend bec et ongle les valeurs de la City au coeur de cette manipulation...c'est un signe du temps.

Qui est en situation du déni de réalité plus grave si cette hypothèse s'avère vrai?

La dette publique de la zone Euro évaluée à environ 9 mille milliards d'Euros, ou la dette privée stratosphérique qui dépasse en valeur nominale soixante dix fois le montant de la dette publique des états de  l'euro-zone?

Il me semble qu'il n'y a pas photo, si les analystes  "anglo-saxons" du monde financier sont dans le vrai.

Dans un tel scénario,  le monde financier global va exploser dans un éclatement dont on n'a pas comparaison dans les annales de l'humanité. Cela dépassera la dépression de 1929...

Toute la stratégie actuelle des banques centrales,  de la trilatérale USA-EU-Japon, consiste à  faire perdurer cette situation artificielle hallucinante en faisant gonfler la bulle de l'argent papier, génératrice à terme de l'hyperinflation. Avec la complicité des dites banques "trop grosses pour être mises en faillite", selon la décision politique  qui perdure, prise aux USA dès 2008, comme en zone EU. Dans l'espoir illogique, au vu de l'évolution du prix de l'énergie fossile qui fait tourner le monde,  qu'une croissance mondiale économique est  devant nous, sans ajustement du niveau des dettes actuelles dans les banques privées; alors qu'un remède de cheval est imposé aux états-nations pour ce qui est de la dette publique.

Toute chose excessive, mensongère, a sa fin...on veut faire naviguer le bateau mondial afin  d'éviter le Charybde de la dette étatique, mais on oublie le Scylla de la dette privé qui régente la mondialisation!

Il est vrai que les éditorialistes du journal en question, réputé le plus sérieux au monde, l'admettent depuis peu, comme le démontre l'article suivant!  Au moins on a l'honnêteté d'assumer les contradictions de ses opinions passées; tout en fustigeant les Gaulois récalcitrants!


samedi 7 avril 2012

La Grande conjuration capitaliste - vu de l'Angleterre



Le déni de réalité : débat entre Gaulois et Anglo-saxons, vu par un journal anglo-saxon, et sa résonance médiatique. 


"On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère." Denis Diderot


En France il est clair que l'État s'occupe de tout, comme à son sommet; où le président est arbitre, joueur et sélectionneur d'équipe dans tous les domaines. Choses navrantes et choquantes, justifiées au nom d'une réalité de fonctionnement d'état quasi-absolutiste, gérées par une aristocratie républicaine, autiste et élitiste. Pratique qui se conformerait à l'histoire du pays, selon ceux qui ont enfanté ce système; au nom d'une certaine idée de la France...Mais laquelle? Celle qui fait le pied de nez à Montesquieu en défendant les thèses de Machiavel? Celle qui prétend qu'on peut être roi républicain par suffrage universel? Réconcilier en une seule personne, Tarquin et Brutus... Il  y a un déni de réalité si profondément écrit dans l'histoire tumultueuse des nations; surtout celles qui ont un passé millénaire...

Revenons au temps présent. La crise financière est le symptôme d'une crise de civilisation; une absence de compréhension de la chose économique, un surpoids de la décision étatique introvertie. Vu de l'Angleterre, la France, ainsi que ses voisins du sud européen, sont coupables de ce déni des valeurs du libre échange, compte tenu des comportements corrompus, incohérents, des états-nations dans leurs courses folles d'endettement; pour protéger un système d'état-providence qu'ils ne peuvent plus se permettre d'ériger comme auparavant avec les moyens dont ils disposent.

Une cure d'amaigrissement salutaire, et une mise en cause des politiques sociales, deviennent donc nécessaires afin de ne pas finir comme l'URSS, dans une grande implosion de la société tant politique qu'économique et sociale. C'est le diagnostic du monde anglo-saxon des maux des pays latins.

Depuis plus de vingt ans, ce même journal anglo-saxon défend les thèses ultra-libérales des Reaganomics et du Thatcherisme, du 'big bang' dérégulateur des marchés et de la mise en place du système d'arbitrage international, de l'externalisation d'investissements nouveaux en fonction du coût comparatif de la main d'oeuvre. Système de pensée stratégique qui s'est répandue dans la foulée, comme une trainée de poudre aux conséquences sociales cataclysmiques, de cette globalisation voulue des marchés. Le nouvel ordre mondial post-soviétique était né dans un élan ultra-libéral et néo-Templier du conflit des civilisations; tout concocté en terre de 'Pax Américana'; dictat imposé au monde 'libre'.

Par ceux qui raisonnent ainsi sur le plan économique et encouragent la mondialisation réglementée par des institutions multilatérales telles l'OMC, la FMI, la Banque mondiale, toutes inspirées par la même doctrine ulta-libérale, toutes exécutées par la société marchande privée, subtilement organisée  par le biais des centrales d'achat localisées dans les paradis fiscaux, utilisant à outrance l'arbitrage du marché du travail des nouveaux pays esclavagistes. C'est un système d'une logique implacable qui ne tolérera guère de contradiction venant de la part des pays émergents dès son démarrage. Cependant, on a vu que depuis dix ans ce n'est plus le cas, avec l'explosion des pays indépendants à fort potentiel économique sur la scène internationale, connus sous l'acronyme BRIC. Les premières failles du système hégémonique apparaissent avec les déficits structurels chroniques naissants entre pays consommateurs et pays exportateurs, dotés du surplus des réserves monétaires qui devient alarmant pour le pays phare qui gère la monnaie de réserve.

Mais tout ceci sera oublié pendant la crise de la zone Euro: les coupables désignés par le monde finance qui empêchent le monde de l'économie globalisée de décoller de nouveau  en 2011 seraient les récalcitrants du Club-Med, les PIIGS, qui sont à la traine avec leurs dettes publiques faramineuses, dont la tragie-comédie de la Grèce depuis deux ans est le signal le plus révélateur.

Le temps est compté aux pays indisciplinés de l'Euro-zone, y compris les plus grands parmi eux; l'Italie, l'Espagne et la France, tous coupables d'avoir versé l'argent public dans le tonneau de danaïde de l'état-providence, sans rendement ni efficacité économique.

C'est l'heure des comptes et elle sera sanglante. C'est le message de cet article qui traduit le sentiment dominant dans les pays anglo-saxons et protestants envers les pays latins et catholiques de l'Euro-zone : Sauvez vous-mêmes par l'austérité budgétaire afin de sauver la terre entière!

Mais d'abord réveillez-vous la France!

Pas si simple que ça, comme on verra par la suite...

« LA PARTIE CARRÉE » – « The Economist » raille une France « dans le déni » | Big Browser

France's future: A country in denial | The Economist

vendredi 30 mars 2012

Brocéliande et Camelot, ou la grande illusion du pouvoir et du bonheur

Quand la Cour des miracles devient le miroir aux alouettes

"Il y a des services si grands qu'on ne peut les payer que par l'ingratitude." de Alexandre Dumas

Le Roi Arthur et la Reine Guenièvre furent hôtes des chevaliers de la table ronde à Camelot. Cette scène est ressuscitée à la télévision chaque soir par le Grand journal de Canal+ ; où Michel Denisot et Ariane Massenet reçoivent leurs invités en maîtres du royaume médiatique, comme au concile joyeux et trépidant de la table ronde  de Camelot, avec comme compère un Merlin l'enchanteur joué  par l'impayable Apathie aux accents de troubadour de la réalité politique.

Dans la légende, la cour d'Arthur fut un moment de pure réjouissance jusqu'au moment où la lutte du pouvoir et la quête aveuglante du savoir absolu ont fini par ébranler l'entente des chevaliers, tous dévoués au bonheur du royaume. C'est toujours ainsi, l'orgueil démesuré des hommes finit par dévorer leurs meilleurs sentiments. La quête stérile du Graal et les visées néfastes de celui qui veut être roi en place du roi légitime, sont les recettes éternelles de l'infortune.

Nous avons nos doses quotidiennes de ces travers de société qui se faufilent devant nos yeux à la table de la messe nocturne sur Canal+. Le bouffon de service du Petit journal et les fantômes du passé, sous les traits des Guignols, nous régalent de leurs rires narquois sur la prétention des uns et des autres, dénudés au scalpel médiatique de leurs fards, farces et attrapes.

Brocéliande est pleine d'arbres morts et de princes ambitieux aux airs sincères qui dissimulent leurs caractères faux fuyants dans le décor éphémère des médias qui surfent sur le semblant du paraître.

Etre n'est pas paraître, et le Grand journal n'est pas image du réel mais une mise en scène du virtuel qui comble nos soirées vidées du sens du concret, par l'impératif médiatique du moment.

Nous sommes des acteurs de notre propre mystification à venir. Car nous nous contentons de l'image véhiculée par ce Camelot du virtuel, où le confort de l'opinion remplace l'inconfort de l'effort de la pensée profonde. Reine de nos nuits ni fauves ni vraies, mais si agréablement pimentées du doux parfum du bonheur à petites doses.

Panem et Circenses...

jeudi 29 mars 2012

L'Écume de Mer et la folie ordinaire

Escapades festives au pays du soleil


"Il est permis de violer l'Histoire à condition de lui faire un enfant." de Alexandre Dumas

Il y avait un air du temps limpide; le soleil au zénith, le bleu du ciel narguait la placidité de l' horizon azuréen où nulle voile n'hérissait la limpidité de la grande bleue somnolante,  bercée par son regard plombé.  Il y avait un air champêtre de bord de mer printannier dans le restaurant avec une terrasse peu fréquentée, vu que c'était encore hors saison.

On parlait de tout et de rien. Le chardonnay était frais,  légèrement  acidulé et avait un parfum délicat de vanille et de rose pétale, accompagné par des mets délicieux servis sur une ardoise toute noire. Les demoiselles étaient d'honneur et pas seulement dans le verre du chardonnay. Car leurs épaules et torses dénudés reflètaient si gaiement l'air du moment.

Cela me rappelait l'air de la chanson d'Abba,  que j'ai transformé à ma manière pour les besoins de la cause: "There was something in the air, the sun was bright, Fernando!"

Le serveur nous raconta les nouvelles du jour : On trouva des casques italiennes et de gilets de même origine dans l'écume de mer! Comme quoi le courant dominant du Golfe du Lion traversait la Méditerranée de  Menton à Collioure. On avait de l'Italie son trop plein de matériel de chantier ou d'une avarie, jeté en mer.

On parla de la mère d'un des convives qui fut priée de rentrer chez elle de l'hôpital où on avait traité son hémorragie passagère par une transfusion sanguine et de prise des médicaments. On écourta son séjour vu que son comportement de patiente de 90 ans fût jugé inconvenant pour  la gestion de la clinique. Car à son âge avancée elle avait tendance de visiter tous les patients de l'étage la nuit, chose inacceptable venant d'une femme bavarde, impatiente de quitter les lieux.

On parla de l'art et de la supériorité du trait classique et de la texture étonnante chez David ou Rembrandt sur le flou impressionniste d'un Monet ou d'un Degas, et même sur la beauté des toiles de Botticelli. Comme quoi la peinture est un terrain de rencontre subjectif entre un artiste et son public; où chacun peut porter son jugement en toute tranquilité. Sauf quand le marché consacre même un imbécile en icône indéboulonnable. Picasso, qui savait tout faire, génie de son siècle, fut un pratiquant cynique qui profita de la dérive mercantile pour en démontrer son absurdité.

Si le Chardonnay venait de la Palestine, selon la légende, et fut implanté à Prouilles dans les Corbières chez les moines, avant d'être consacré dans le Chablis au monastère cistercien de Pontigny  par un moine vagabonde au Moyen Age,  le Tokay fut importé en France par une grande-mêre polonaise qui la cultiva en terre de Languedoc. Première femme à grimper sur le Mont Canigou, elle fut une intrépide vigneronne qui célébra le vin de son pays d'origine où mourut son frère en héros lors de la première guerre mondiale.

Le Tokay est aux pays slaves ce qu'est le Chateau Yquem à la région de Bordeaux; le nec plus ultra du vin blanc doux.

On parla de choses plus sérieuses, l'écume du temps politique; d'un assassin froid qui a voulu mourir en héros égaré pour une cause désespérée, d'une manière abominable. La fin ne justifie jamais les moyens. Pousser à l'extrême, le geste devient insupportable, une caricature d'une pulsion sacrificielle qui renie l'humanité le plus élémentaire. Mais l'incident a tellement marqué les esprits, par les temps médiatiques et politiques d'une campagne présidentielle, que chacun a fait de l'incident macabre d'un fait divers un symbole du temps.

Pour les uns les prémices d'une invasion barbare, pour les autres  signe d'une déliquescence de civilisation.

Quand on parle des équivoques de civilisation on marche sur la crête entre croyances révélatrices, foi dogmatique et l'esprit critique rationnel. Le libre arbitre n'est jamais loin, ni l'ombre de la dérive inquisitoire et totalitaire d'une société taraudée par les démons de son passé. L'histoire n'est qu'éternel recommencement.

Puisqu'on parle d'éternel recommencent et de civilisation, une énigme qui hante l'évolution du monde occidental, où se lève un vent très mauvais de nos jours, peut se résumer à une dialectique entre l'idéal absolutiste Platonicien et le relativisme pragmatique Aristotélicien qui privilégie l'empirique et la primauté du concret. Peut-on se contenter de s'occuper de la chose factuelle en oubliant le long cours de son destin métaphysique, est une question qui mérite débat quand la civilisation bascule d'un modèle de consumérisme effréné insoutenable vers quelque chose qu'on ne sait pas encore définir.

Le fin mot dans cette triste histoire sur-médiatisée revient à notre président national, désormais tout braqué à la candidature à sa propre succession, quand il parla de "Musulman d'apparence". Un choix de mot malheureux pour décrire le regard du tueur au moment où il exécuta un soldat en uniforme français ayant symboliquement servi en Afghanistan,  en tant qu'apostat, à ses yeux de justicier de Dieu intégriste, alors que la victime était un chrétien de souche Kabyle.

Il y a des phrases qui collent à la peau d'une époque malsaine.




dimanche 25 mars 2012

La route des Crêtes

Sur la crête de l'Ile de Crète



"Dieu, dans sa divine prévoyance, n'a pas donné de barbe aux femmes, parce qu'elles n'auraient pas su se taire pendant qu'on les eût rasées." de Alexandre Dumas


L'île mythique, site de Knossos, le palais du Minotaure et de son labyrinthe où Thésée découvrira Ariane; où Icare, fils de Dédale, fera son vol tragique, est le site de montagnes magiques et gorges arides qui la traversent  du nord au sud. La région de Skafia, connue pour ses montagnes blanches, dominant l'ouest du pays surplombant  La Canée, ville historique au nord et  Chora Skafion sa capitale, station balnéaire au sud, est le plateau où le ciel plombe son regard doré sur un pays livré à lui même dans un silence digne d'Olympe.

La route pittoresque de La Canée à Chora Skafion est une merveille de vista spectaculaire, qui se faufile le long du plateau d'Askifou, côtoyant les sommets pointus des cimes, puis plongeant vertigineusement dans des lacés vers la mer,  aboutissant au village de Chora Skafion; havre paisible baignant dans le grand bleu éternel.

Le caractère rugueux des habitants de la région est légendaire dans l'histoire tumultueuse de la Crète. Pendant les invasions vénitiennes et turques, les montagnes blanches furent le foyer de résistance le plus coriace pendant des siècles, car estimées infranchissables chaque fois par l'envahisseur lui-même.

Grand de taille, les montagnards sont considérés comme des farouches adversaires aux visées impériales de toute administration étrangère, y compris leur propre administration fiscale centralisée à Athènes.

Une légende décrit qu'un jour Zeus, le dieu d'Olympe, visita l'île. Il donna des olives à la région de Iérapétra,  la vigne à Malevisi et Kissamou, des cerisiers à Mylopotamos et Amari; mais quand il arriva à Skafia il ne lui resta que des pierres  blanches.

Alors, les montagnards se sont présentés devant lui, armés aux dents, et lui ont réclamé :
Et nous Seigneur, avec quoi allons nous survivre si tu ne nous lègues que des pierres?!

Zeus, pris de sympathie pour ces braves, répondit :  N'avez vous pas de cerveaux dans vos têtes?
N'avez vous pas donc compris que les gens des plaines ne cultivent leurs richesses que pour votre salut...?

Comme il se doit, les habitants de la région, tous voleurs qu'ils soient devant l'éternel, ont le coeur grand pour les visiteurs, et prodiguent leur générosité de mille façons au travers de l'industrie du tourisme, leur gagne-pain de nos jours.

Par les temps qui courent, où l'austérité est de rigueur pour toute la nation grecque, on souhaite bon courage aux intrépides collecteurs des impôts quand ils visiteront le pays pour d'autres raisons que le simple tourisme.