vendredi 31 août 2012

De la philosophie et le choix de Sophie

Cultive ton jardin...Voltaire

La fille allongée sur son transat le boudait d'un air désabusé. Il avait le don maladroit ce matin là de la contrarier pendant ses vacances estivales censées recharger ses batteries de salariée cadre dans une entreprise multinationale.

"Tous que tu me racontes me fait penser que la vie devant nous est d'une grisaille épouvantable. Que notre génération ne connaîtra que des contraintes et des régressions sociales. Je préfère vivre dans mes rêves et côtoyer la réalité des médias éphémères qui m'envoient une vision rose bon-bon de notre quotidien. Plutôt que de contempler les abimes du monde contemporain que tu me décrivent."

Son père réfléchissait, baigné  du soleil au bord de la piscine méridionale, perdu dans ses pensées d'un autre monde, où la causalité des faits est chose liée avec les actes antérieures d'une humanité menée à la dérive par les agissement des élites au pouvoir. Le monde finance, nombril des évènements d'actualité selon les nouvelles du jour, n'était qu'action et réaction en chaîne sans aucune emprise réelle sur la situation des pays du 'club-Med' enfoncés dans un marasme économique gravissime depuis des mois. Une spirale sans fin qui amenait  le premier monde droit dans le mur, pris dans la contagion par banques interposées, d'une crise d'endettement sans issue; dont le coeur était constitué par les agissements des banques centrales principales : la FED et la BCE.  Animées par une volonté farouche d'imprimer de l'argent de façon illimité, sans provision sous forme de contre-partie des biens collatéraux dans leurs bilans, prêté exclusivement à taux zéro aux banques principales asphyxiées par leurs troubles opérations antérieures, la dissémination de cette monnaie ajoutait la dette à la dette, au lieu d'éteindre l'incendie. Un coeur du monde finance qui ressemblait de plus au plus à ceux des réacteurs sinistrés de Fukushima...

Alors que sa fille bien aimée voulait rien entendre de cette réalité là; préférant nier ce panorama effrayant mais bien réel qui enfonce le monde européen dans un carcan de rétrécissement  social et économique, pour mieux s'enfermer dans  un "Carpe Diem" calfeutré.

La réalité show de notre époque médiatique si passagère était sa source d'apaisement quotidien.
Alors que l'étau de la crise à venir mettait en danger son avenir sous les décombres d'une paupérisation généralisée, comme on voyait dans les rues d'Athènes.

"Pourquoi pas, après tout, on n'est jeune qu'une fois dans sa vie," il se disait pour se réconcilier à sa philosophie d'une jeune et sémillante femme de vingt et quelques ans. Le Décaméron blues de Boccace et la Renaissance news d'Erasme...se fusionne quand le monde bascule...

Une question de philosophie de vie. Choisir entre le bonheur du moment ou le souvenir enfoui,  enseigné par l'histoire, d'une vérité implacable qui revient toujours au galop comme la nature de l'homme primitif.

Cela lui rappelait la lutte acharnée d'antan menée par un héros mythique d'une époque révolue : Voltaire.

Celui qui terrassa dans sa épopée des Lumières à la fois le dogme religieux et la sang bleu des "aristos"; pour déclamer sa foi dans le progrès rationnel. Celui par qui le malheur arriva, selon les conservateurs nostalgiques de l'ancien régime, pour abattre les deux piliers de leurs croyances millénaires, balayés à jamais : l'ordre féodal et l'ordre clérical.

Ayant mise à mal ces vieux démons de la nouvelle société en gestation, ayant nettoyé l'écuries d'Augias de l'Europe décadente et ankylosée, de quoi rêve notre héros à la fin de sa vie ?

A Candide ou l'optimisme! Cultiver son jardin, loin de la foule agitée, pour trouver sa propre quiétude.

Carpe Diem, paysage paisible d'une vie heureuse, à vivre en cachette et qui n'est que le fruit des sacrifices antérieures pour assurer son avenir. Après la tempête la paix bien mérité.

Comment expliquer cela à la jeunesse quand le temps des tempêtes arrive à l'horizon?

Alors que l'ordre néo-féodal renaît devant nos yeux sous forme de l'oligarchie de l'argent tout-puissant; et que l'ordre clérical a toute sa place dans le tiers monde en ébullition.

C'est le retour au temps des épreuves. L'exemple de nos icônes est de nouveau d'actualité.

Candide - Wikipédia
Le Choix de Sophie - Wikipédia

lundi 9 avril 2012

La Grande conjuration capitaliste - vu par les analystes des USA


Le maillant manquant : la relation de cause à effet entre la crise de 2008 et celle d'Eurozone en 2011

"Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène." Denis Diderot

Ce que The Economist oublie de mentionner c'est que la crise de l'Eurozone est la conséquence directe de la crise bancaire mondiale de 2008. La dette privée ayant été socialisée dans toutes les zones de la Trilatérale, il en résulte que ce transfert des dettes de la comptabilité privée vers la comptabilité publique des pays riches entrainent à la fois un alourdissement conséquent des dettes publiques et une chute spectaculaire de leurs économies en 2009, englouties dans la récession; qui aura comme conséquence d'aggraver encore plus les dettes publiques pour effectuer la relance supplémentaire nécessaire; une relance qui sera aussitôt plombée par le manque de liquidités des mêmes banques commerciales qui ont été auparavant sauvées par les États. Les économies du monde sont entrées dans une spirale vicieuse qui se mord la queue. 

De toute évidence les banques nous cachent le montant de leur vrai ardoise. La période 2009-2011 serait la décantation de cette mystification, au travers des méandres incessants de la crise grecque, malgré les tentatives désespérées des banques centrales afin de relancer les économies à coup de la fabrication sans fin de monnaie papier injectée dans l'économie réelle; les LTROs et QEs. 

Qui est désormais le plus grand pourfendeur de ce système de financiarisation à outrance, érigé depuis vingt ans et qui a fait exploser le monde finance en 2008; menaçant désormais comme une tumeur grandissante de faire pire, surtout aux économies des pays avancés surendettés, inondées par un excès de relance monétaire stérile et sans conséquence réelle sur les économies atones?

Ce sont les analystes financiers issus du même monde de la finance, qui démontrent chiffres à l'appui que le système actuel est hors de contrôle et va droit dans le mur. Ce sentiment est partagé par la majorité de la communauté indépendante de WS, et de surcroît également par la plupart des analystes financiers du web-monde sur cinq continents, oscultant les marchés tous les jours depuis quatre ans!

Lisez les blogs financiers américains et il n'y a pas photo. Désormais, l'arithmétique des dettes cumulées ne peut plus être ni détournée ni diminuée par un montage du type machine perpétuelle de croissance économique sans entrave, sur commandite de manière administrée; par la relance monétaire centralisée de la demande d'inspiration keynésienne comme en 1945. Ce qui semble être la politique monétaire laxiste en vigueur.

Qu'une telle décision soit l'expression de notre réalité actuelle serait le fruit d'un revirement étonnant, car à rebours, à contre-courant, vu la politique menée depuis trente ans. Un virage à cent quatre vingt degrés de la politique libérale passée; désormais concoctée par l'imagination désespérée des élites en charge des banques centrales du monde, et leur commanditaires politiques, vivant dans leur tours d'ivoire, déconnectés du monde réel des soubresauts imprévisibles et d'amplitudes grandissantes des marchés sans boussole; tous les marchés de toutes catégories de produits financiers à risque. Nous serions dans un mode de gestion du monde finance qui va à hue et à dia, avec la banque centrale qui maintient sous perfusion le secteur privé en sur-régulant  son activité par rapport aux désirs des lois naturelles du marché.

Pourquoi cette inquiétude grandissante  des analystes de la City et de WS, alors que le prestidigitateur de Goldman Sachs, en charge des destinées de la banque centrale européenne, prétend le contraire?  Comme son homologue à la tête de la FED américaine!

La réponse est limpide : la bulle toujours croissante des produits dérivés, désormais évalués à 700 000 milliards de USD, soit d'un montant nominal de plus de 10 fois  la richesse réelle économique du monde global, devient incontrôlable. Pour manipuler tous les jours les intérêts associés avec des tels paris pris par les banques privées du monde, il convient d'admettre qu'aucun système au monde ne pourrait survivre à l'éclatement inéluctable de cette bulle qui est la pure création du secteur privé.  Précisément créée, donc,  par les acteurs au nom desquels le journal anglo-saxon défend le système des marchés en place. En l'absence de  croissance réelle  en zone déficitaire pour éponger même une quantité infime des dettes privées accumulées, il faudra de la croissance réelle ailleurs, dans les marchés émergents qui remplacerait la croissance du premier monde. Or, ceci est singulierement absent désormais de l'écran du radar surveillant les marchés en question; avec l'affaissement visible, prévisible, de l'immense marché interne chinois comme celui de l'Inde soumis à un déficit croissant du fait de son importation galopante du pétrole.

D'où l'inquiétude grandissante d'analystes branchés sur le monde finance par le réseaux électronique instantané du Web, qui ne sont plus dupes des manipulations boursières infligées aux travers de leurs transactions opaques de gré à gré par des banques universelles qui croulent sous la dette.

A la lumière de cette carence du secteur privé bancaire, les écarts de financement des états paraissent infimes; lilliputien de taille devant le Gulliver de la dette bancaire mondiale; détenue par  une camarilla de banques enchevêtrées dans des transactions incestueuses impossibles à déchiffrer de l'extérieur mais qui lient leur destin collectivement de ce simple fait. Ainsi que ceux de leur princes politiques...

Le journal en question ne parlait point de cette autre déni de la réalité depuis 2008 alors qu'elle défend bec et ongle les valeurs de la City au coeur de cette manipulation...c'est un signe du temps.

Qui est en situation du déni de réalité plus grave si cette hypothèse s'avère vrai?

La dette publique de la zone Euro évaluée à environ 9 mille milliards d'Euros, ou la dette privée stratosphérique qui dépasse en valeur nominale soixante dix fois le montant de la dette publique des états de  l'euro-zone?

Il me semble qu'il n'y a pas photo, si les analystes  "anglo-saxons" du monde financier sont dans le vrai.

Dans un tel scénario,  le monde financier global va exploser dans un éclatement dont on n'a pas comparaison dans les annales de l'humanité. Cela dépassera la dépression de 1929...

Toute la stratégie actuelle des banques centrales,  de la trilatérale USA-EU-Japon, consiste à  faire perdurer cette situation artificielle hallucinante en faisant gonfler la bulle de l'argent papier, génératrice à terme de l'hyperinflation. Avec la complicité des dites banques "trop grosses pour être mises en faillite", selon la décision politique  qui perdure, prise aux USA dès 2008, comme en zone EU. Dans l'espoir illogique, au vu de l'évolution du prix de l'énergie fossile qui fait tourner le monde,  qu'une croissance mondiale économique est  devant nous, sans ajustement du niveau des dettes actuelles dans les banques privées; alors qu'un remède de cheval est imposé aux états-nations pour ce qui est de la dette publique.

Toute chose excessive, mensongère, a sa fin...on veut faire naviguer le bateau mondial afin  d'éviter le Charybde de la dette étatique, mais on oublie le Scylla de la dette privé qui régente la mondialisation!

Il est vrai que les éditorialistes du journal en question, réputé le plus sérieux au monde, l'admettent depuis peu, comme le démontre l'article suivant!  Au moins on a l'honnêteté d'assumer les contradictions de ses opinions passées; tout en fustigeant les Gaulois récalcitrants!


samedi 7 avril 2012

La Grande conjuration capitaliste - vu de l'Angleterre



Le déni de réalité : débat entre Gaulois et Anglo-saxons, vu par un journal anglo-saxon, et sa résonance médiatique. 


"On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère." Denis Diderot


En France il est clair que l'État s'occupe de tout, comme à son sommet; où le président est arbitre, joueur et sélectionneur d'équipe dans tous les domaines. Choses navrantes et choquantes, justifiées au nom d'une réalité de fonctionnement d'état quasi-absolutiste, gérées par une aristocratie républicaine, autiste et élitiste. Pratique qui se conformerait à l'histoire du pays, selon ceux qui ont enfanté ce système; au nom d'une certaine idée de la France...Mais laquelle? Celle qui fait le pied de nez à Montesquieu en défendant les thèses de Machiavel? Celle qui prétend qu'on peut être roi républicain par suffrage universel? Réconcilier en une seule personne, Tarquin et Brutus... Il  y a un déni de réalité si profondément écrit dans l'histoire tumultueuse des nations; surtout celles qui ont un passé millénaire...

Revenons au temps présent. La crise financière est le symptôme d'une crise de civilisation; une absence de compréhension de la chose économique, un surpoids de la décision étatique introvertie. Vu de l'Angleterre, la France, ainsi que ses voisins du sud européen, sont coupables de ce déni des valeurs du libre échange, compte tenu des comportements corrompus, incohérents, des états-nations dans leurs courses folles d'endettement; pour protéger un système d'état-providence qu'ils ne peuvent plus se permettre d'ériger comme auparavant avec les moyens dont ils disposent.

Une cure d'amaigrissement salutaire, et une mise en cause des politiques sociales, deviennent donc nécessaires afin de ne pas finir comme l'URSS, dans une grande implosion de la société tant politique qu'économique et sociale. C'est le diagnostic du monde anglo-saxon des maux des pays latins.

Depuis plus de vingt ans, ce même journal anglo-saxon défend les thèses ultra-libérales des Reaganomics et du Thatcherisme, du 'big bang' dérégulateur des marchés et de la mise en place du système d'arbitrage international, de l'externalisation d'investissements nouveaux en fonction du coût comparatif de la main d'oeuvre. Système de pensée stratégique qui s'est répandue dans la foulée, comme une trainée de poudre aux conséquences sociales cataclysmiques, de cette globalisation voulue des marchés. Le nouvel ordre mondial post-soviétique était né dans un élan ultra-libéral et néo-Templier du conflit des civilisations; tout concocté en terre de 'Pax Américana'; dictat imposé au monde 'libre'.

Par ceux qui raisonnent ainsi sur le plan économique et encouragent la mondialisation réglementée par des institutions multilatérales telles l'OMC, la FMI, la Banque mondiale, toutes inspirées par la même doctrine ulta-libérale, toutes exécutées par la société marchande privée, subtilement organisée  par le biais des centrales d'achat localisées dans les paradis fiscaux, utilisant à outrance l'arbitrage du marché du travail des nouveaux pays esclavagistes. C'est un système d'une logique implacable qui ne tolérera guère de contradiction venant de la part des pays émergents dès son démarrage. Cependant, on a vu que depuis dix ans ce n'est plus le cas, avec l'explosion des pays indépendants à fort potentiel économique sur la scène internationale, connus sous l'acronyme BRIC. Les premières failles du système hégémonique apparaissent avec les déficits structurels chroniques naissants entre pays consommateurs et pays exportateurs, dotés du surplus des réserves monétaires qui devient alarmant pour le pays phare qui gère la monnaie de réserve.

Mais tout ceci sera oublié pendant la crise de la zone Euro: les coupables désignés par le monde finance qui empêchent le monde de l'économie globalisée de décoller de nouveau  en 2011 seraient les récalcitrants du Club-Med, les PIIGS, qui sont à la traine avec leurs dettes publiques faramineuses, dont la tragie-comédie de la Grèce depuis deux ans est le signal le plus révélateur.

Le temps est compté aux pays indisciplinés de l'Euro-zone, y compris les plus grands parmi eux; l'Italie, l'Espagne et la France, tous coupables d'avoir versé l'argent public dans le tonneau de danaïde de l'état-providence, sans rendement ni efficacité économique.

C'est l'heure des comptes et elle sera sanglante. C'est le message de cet article qui traduit le sentiment dominant dans les pays anglo-saxons et protestants envers les pays latins et catholiques de l'Euro-zone : Sauvez vous-mêmes par l'austérité budgétaire afin de sauver la terre entière!

Mais d'abord réveillez-vous la France!

Pas si simple que ça, comme on verra par la suite...

« LA PARTIE CARRÉE » – « The Economist » raille une France « dans le déni » | Big Browser

France's future: A country in denial | The Economist

vendredi 30 mars 2012

Brocéliande et Camelot, ou la grande illusion du pouvoir et du bonheur

Quand la Cour des miracles devient le miroir aux alouettes

"Il y a des services si grands qu'on ne peut les payer que par l'ingratitude." de Alexandre Dumas

Le Roi Arthur et la Reine Guenièvre furent hôtes des chevaliers de la table ronde à Camelot. Cette scène est ressuscitée à la télévision chaque soir par le Grand journal de Canal+ ; où Michel Denisot et Ariane Massenet reçoivent leurs invités en maîtres du royaume médiatique, comme au concile joyeux et trépidant de la table ronde  de Camelot, avec comme compère un Merlin l'enchanteur joué  par l'impayable Apathie aux accents de troubadour de la réalité politique.

Dans la légende, la cour d'Arthur fut un moment de pure réjouissance jusqu'au moment où la lutte du pouvoir et la quête aveuglante du savoir absolu ont fini par ébranler l'entente des chevaliers, tous dévoués au bonheur du royaume. C'est toujours ainsi, l'orgueil démesuré des hommes finit par dévorer leurs meilleurs sentiments. La quête stérile du Graal et les visées néfastes de celui qui veut être roi en place du roi légitime, sont les recettes éternelles de l'infortune.

Nous avons nos doses quotidiennes de ces travers de société qui se faufilent devant nos yeux à la table de la messe nocturne sur Canal+. Le bouffon de service du Petit journal et les fantômes du passé, sous les traits des Guignols, nous régalent de leurs rires narquois sur la prétention des uns et des autres, dénudés au scalpel médiatique de leurs fards, farces et attrapes.

Brocéliande est pleine d'arbres morts et de princes ambitieux aux airs sincères qui dissimulent leurs caractères faux fuyants dans le décor éphémère des médias qui surfent sur le semblant du paraître.

Etre n'est pas paraître, et le Grand journal n'est pas image du réel mais une mise en scène du virtuel qui comble nos soirées vidées du sens du concret, par l'impératif médiatique du moment.

Nous sommes des acteurs de notre propre mystification à venir. Car nous nous contentons de l'image véhiculée par ce Camelot du virtuel, où le confort de l'opinion remplace l'inconfort de l'effort de la pensée profonde. Reine de nos nuits ni fauves ni vraies, mais si agréablement pimentées du doux parfum du bonheur à petites doses.

Panem et Circenses...

jeudi 29 mars 2012

L'Écume de Mer et la folie ordinaire

Escapades festives au pays du soleil


"Il est permis de violer l'Histoire à condition de lui faire un enfant." de Alexandre Dumas

Il y avait un air du temps limpide; le soleil au zénith, le bleu du ciel narguait la placidité de l' horizon azuréen où nulle voile n'hérissait la limpidité de la grande bleue somnolante,  bercée par son regard plombé.  Il y avait un air champêtre de bord de mer printannier dans le restaurant avec une terrasse peu fréquentée, vu que c'était encore hors saison.

On parlait de tout et de rien. Le chardonnay était frais,  légèrement  acidulé et avait un parfum délicat de vanille et de rose pétale, accompagné par des mets délicieux servis sur une ardoise toute noire. Les demoiselles étaient d'honneur et pas seulement dans le verre du chardonnay. Car leurs épaules et torses dénudés reflètaient si gaiement l'air du moment.

Cela me rappelait l'air de la chanson d'Abba,  que j'ai transformé à ma manière pour les besoins de la cause: "There was something in the air, the sun was bright, Fernando!"

Le serveur nous raconta les nouvelles du jour : On trouva des casques italiennes et de gilets de même origine dans l'écume de mer! Comme quoi le courant dominant du Golfe du Lion traversait la Méditerranée de  Menton à Collioure. On avait de l'Italie son trop plein de matériel de chantier ou d'une avarie, jeté en mer.

On parla de la mère d'un des convives qui fut priée de rentrer chez elle de l'hôpital où on avait traité son hémorragie passagère par une transfusion sanguine et de prise des médicaments. On écourta son séjour vu que son comportement de patiente de 90 ans fût jugé inconvenant pour  la gestion de la clinique. Car à son âge avancée elle avait tendance de visiter tous les patients de l'étage la nuit, chose inacceptable venant d'une femme bavarde, impatiente de quitter les lieux.

On parla de l'art et de la supériorité du trait classique et de la texture étonnante chez David ou Rembrandt sur le flou impressionniste d'un Monet ou d'un Degas, et même sur la beauté des toiles de Botticelli. Comme quoi la peinture est un terrain de rencontre subjectif entre un artiste et son public; où chacun peut porter son jugement en toute tranquilité. Sauf quand le marché consacre même un imbécile en icône indéboulonnable. Picasso, qui savait tout faire, génie de son siècle, fut un pratiquant cynique qui profita de la dérive mercantile pour en démontrer son absurdité.

Si le Chardonnay venait de la Palestine, selon la légende, et fut implanté à Prouilles dans les Corbières chez les moines, avant d'être consacré dans le Chablis au monastère cistercien de Pontigny  par un moine vagabonde au Moyen Age,  le Tokay fut importé en France par une grande-mêre polonaise qui la cultiva en terre de Languedoc. Première femme à grimper sur le Mont Canigou, elle fut une intrépide vigneronne qui célébra le vin de son pays d'origine où mourut son frère en héros lors de la première guerre mondiale.

Le Tokay est aux pays slaves ce qu'est le Chateau Yquem à la région de Bordeaux; le nec plus ultra du vin blanc doux.

On parla de choses plus sérieuses, l'écume du temps politique; d'un assassin froid qui a voulu mourir en héros égaré pour une cause désespérée, d'une manière abominable. La fin ne justifie jamais les moyens. Pousser à l'extrême, le geste devient insupportable, une caricature d'une pulsion sacrificielle qui renie l'humanité le plus élémentaire. Mais l'incident a tellement marqué les esprits, par les temps médiatiques et politiques d'une campagne présidentielle, que chacun a fait de l'incident macabre d'un fait divers un symbole du temps.

Pour les uns les prémices d'une invasion barbare, pour les autres  signe d'une déliquescence de civilisation.

Quand on parle des équivoques de civilisation on marche sur la crête entre croyances révélatrices, foi dogmatique et l'esprit critique rationnel. Le libre arbitre n'est jamais loin, ni l'ombre de la dérive inquisitoire et totalitaire d'une société taraudée par les démons de son passé. L'histoire n'est qu'éternel recommencement.

Puisqu'on parle d'éternel recommencent et de civilisation, une énigme qui hante l'évolution du monde occidental, où se lève un vent très mauvais de nos jours, peut se résumer à une dialectique entre l'idéal absolutiste Platonicien et le relativisme pragmatique Aristotélicien qui privilégie l'empirique et la primauté du concret. Peut-on se contenter de s'occuper de la chose factuelle en oubliant le long cours de son destin métaphysique, est une question qui mérite débat quand la civilisation bascule d'un modèle de consumérisme effréné insoutenable vers quelque chose qu'on ne sait pas encore définir.

Le fin mot dans cette triste histoire sur-médiatisée revient à notre président national, désormais tout braqué à la candidature à sa propre succession, quand il parla de "Musulman d'apparence". Un choix de mot malheureux pour décrire le regard du tueur au moment où il exécuta un soldat en uniforme français ayant symboliquement servi en Afghanistan,  en tant qu'apostat, à ses yeux de justicier de Dieu intégriste, alors que la victime était un chrétien de souche Kabyle.

Il y a des phrases qui collent à la peau d'une époque malsaine.




dimanche 25 mars 2012

La route des Crêtes

Sur la crête de l'Ile de Crète



"Dieu, dans sa divine prévoyance, n'a pas donné de barbe aux femmes, parce qu'elles n'auraient pas su se taire pendant qu'on les eût rasées." de Alexandre Dumas


L'île mythique, site de Knossos, le palais du Minotaure et de son labyrinthe où Thésée découvrira Ariane; où Icare, fils de Dédale, fera son vol tragique, est le site de montagnes magiques et gorges arides qui la traversent  du nord au sud. La région de Skafia, connue pour ses montagnes blanches, dominant l'ouest du pays surplombant  La Canée, ville historique au nord et  Chora Skafion sa capitale, station balnéaire au sud, est le plateau où le ciel plombe son regard doré sur un pays livré à lui même dans un silence digne d'Olympe.

La route pittoresque de La Canée à Chora Skafion est une merveille de vista spectaculaire, qui se faufile le long du plateau d'Askifou, côtoyant les sommets pointus des cimes, puis plongeant vertigineusement dans des lacés vers la mer,  aboutissant au village de Chora Skafion; havre paisible baignant dans le grand bleu éternel.

Le caractère rugueux des habitants de la région est légendaire dans l'histoire tumultueuse de la Crète. Pendant les invasions vénitiennes et turques, les montagnes blanches furent le foyer de résistance le plus coriace pendant des siècles, car estimées infranchissables chaque fois par l'envahisseur lui-même.

Grand de taille, les montagnards sont considérés comme des farouches adversaires aux visées impériales de toute administration étrangère, y compris leur propre administration fiscale centralisée à Athènes.

Une légende décrit qu'un jour Zeus, le dieu d'Olympe, visita l'île. Il donna des olives à la région de Iérapétra,  la vigne à Malevisi et Kissamou, des cerisiers à Mylopotamos et Amari; mais quand il arriva à Skafia il ne lui resta que des pierres  blanches.

Alors, les montagnards se sont présentés devant lui, armés aux dents, et lui ont réclamé :
Et nous Seigneur, avec quoi allons nous survivre si tu ne nous lègues que des pierres?!

Zeus, pris de sympathie pour ces braves, répondit :  N'avez vous pas de cerveaux dans vos têtes?
N'avez vous pas donc compris que les gens des plaines ne cultivent leurs richesses que pour votre salut...?

Comme il se doit, les habitants de la région, tous voleurs qu'ils soient devant l'éternel, ont le coeur grand pour les visiteurs, et prodiguent leur générosité de mille façons au travers de l'industrie du tourisme, leur gagne-pain de nos jours.

Par les temps qui courent, où l'austérité est de rigueur pour toute la nation grecque, on souhaite bon courage aux intrépides collecteurs des impôts quand ils visiteront le pays pour d'autres raisons que le simple tourisme.

jeudi 22 mars 2012

Une Histoire exemplaire

Quand la vie ne tient qu'à un fil 


"Un pour tous tous pour un."  Alexandre Dumas


Une jeune mère promenait son cheval préféré avec sa fille le long de la côte en Australie, au bord de l'océan, quand tout à coup son cheval s'enfonça dans la boue des sables mouvants. Avant qu'elle ne puisse crier gare, sa fille Paris, sur son poney, fut également ensevelie dans la boue mouvante.  La mère s'extirpa péniblement du marécage sablonneux collant  en s'allongeant pour porter secours à sa fille et à son poney. Elle réussit à les aider à sortir du pétrin en trouvant salut sur le terrain ferme. Epuisée, elle regarda ensuite son cheval bien aimé, Astro, s'enfoncer de tout son poids de plus en plus dans la boue.

Pris d'un sursaut désespéré d'amour démesuré pour son fidèle compagnon de 18 ans, la mère batailla des heures durant, gardant la tête de la bête hors de la  boue en attendant les secours alertés par sa fille; avant que la houle de la marée montante ne les envoie au fond de l'océan. Exténuée par la fatigue mais toujours courageuse, la femme a tenu bon. Trois heures plus tard, devant l'imminence de la montée des eaux profondes, l'arrivée des secours a permis au cheval et sa cavalière de sortir de l'impasse et retrouver  la terre salvatrice.

Parfois la vie est faite de ce courage là; une chanson de pur espoir où on ne s'avoue jamais vaincu.

Nicole Graham and Astro: Mother stayed by horse's side for 3 hours after getting trapped | Mail Online

mardi 20 mars 2012

Le Sang des Innocents, la récolte des Puissants

Fractures de civilisation ou le retour des quatre cavaliers


"Dans les grandes crises, le coeur se brise ou se bronze." de Honoré de Balzac

Pendant deux ans, le monde a retenu son souffle alors que le continent Européen perdait pied dans la marée montante des dettes souveraines de petits pays limitrophes, connus sous l'acronyme des PIGS. Le premier qui flancha fut la Grèce et son supplice dura deux ans alors que le pays ne représentait que 3% de la zone Euro; autrement dit, c'était du menu fretin. Désormais c'est le peuple grec qui paiera et pour longtemps avec la rage au ventre, les larmes aux yeux.

Pourquoi le couple Merkozy est-il resté figé dans un rictus indécis alors que la spéculation du marché sur les PIGS battait son plein? Question restée sans réponse. La crise s'est aggravé au point où le coeur du système Euro fut atteint. On a finit par trouver une solution qui consiste à ajouter la dette à la dette et qui pourrait compromettre les économies de ses deux plus forts piliers pour plusieurs années.  C'est le nouveau patron de la banque centrale qui a trouvé cette solution de la dernière chance; provisoire, mais qui a réussi à éteindre l'incendie pour l'année en cours en zone Euro. Pour combien de temps?

Derrière cette crise se dresse une crise encore plus sinistre aux Etats Unies, où il est question de relancer une économie moribonde avec la formule d'imprimer le dieu dollar à l'infini, pour dévaluer la monnaie étalon et effacer ainsi la dette américaine sur trente voire cinquante ans!  Vaine fadaise, car entretemps les créanciers asiatiques seraient mieux avisés de changer de monnaie étalon, obligeant ainsi les Etats Unies de devenir un pays comme un autre. Ce jour là, la terre s'arrêtera de tourner pour les 330 millions de citoyens du premier pays du monde. Et tous ceux qui en dépendent pour assurer leur propre survie comme pays assujetti au Dieu dollar.

Aucun pays ayant exercé une telle hégémonie sur le monde depuis 70 ans n'acceptera une telle descente aux enfers. On entend déjà la phrase prophétique de Clausewitz : La guerre c'est la diplomatie par d'autres moyens. Nous avons déjà le sentiment que le Moyen Orient, avec son or noir stratégique, deviendra le noeud de discorde opposant l'appétit des USA endettés jusqu'au cou et la Chine dévoreuse des matières premières, qui postule déjà à la position de leader mondial grâce à sa population et son économie devenue sur-puissante. Le monde devient trop petit pour nourrir et transporter 8 milliards de humains.

Alors, dans de telles situations, il y a des signes prémonitoires; un petits pays tient le monde en haleine à cause de l'indécision des grands. La face cachée de la finance et son extrême fragilité restent sujet tabou...

Un fait divers, un tueur fou sur une moto à Toulouse et à Montauban a laissé une trace sanglante dont trois enfants tués de sang froid. Le monde s'indigne alors qu' Israel tient la Palestine dans un état de siège permanent et s'insurge quand Lady Ashton lui rappelle la dure réalité dans la zone de Gaza. La Syrie  vit un état de guerre civile comme la Libye auparavant l'an dernier; que l'Iraq, malgré son million de mort depuis 2003, risque de passer à nouveau en guerre civile. Israel se prépare à attaquer l'Iran de façon préventive à cause de son programme nucléaire, avec le soutient actif des USA. Un acte qui serait à condamner comme un acte de terrorisme d'état selon les conventions en vigueur.

Devant une telle montée des périls,  le moindre trouble civil peut allumer le feu d'un incendie mondial. Le monde craint de nouveau un évènement de type Sarajevo 1914 et semble marcher sur des oeufs. Un Templier d'Oslo regarde dans le miroir son frère jumeau de Jihadiste toulousain. Le monde revient dix siècles en arrière comme a voulu faire GWB en 2001 et surtout en 2003 pour riposter à Ben Laden. Entre les puissants du monde et les extrémistes de tout bord, il semble qu'il y ait une convergence inquiétante de sentiments. Cela s'appelle régression.

La phrase -- l'insoutenable légèreté d'être-- devient de nouveau un sujet existentiel de premier plan. Comme l'avait inventé de façon mémorable  Kundera, pendant le tristement célèbre printemps de Prague; qui ressemble comme deux gouttes d'eau au printemps Arabe récent.

Armes silencieuses pour guerres tranquilles

dimanche 18 mars 2012

Chronique anticipée des années de braises

To be or not to be...President!



"L'ambitieux se rêve au faite du pouvoir en s'aplatissant dans la boue du servile." de Honoré de Balzac


Encore un film d'anthologie qui raconte les années avant la Toussaint rouge du 1er Novembre 1954 en Algérie, province française à l'époque, prise dans le tournant historique de la tourmente indépendantiste.

Primé à Cannes de la palme suprême en 1975, il parle de la montée des périls et des souffrances de la population autochtone soumise au régime deux poids deux mesures, si complaisamment installé par la quatrième République française à partir de 1946.

Presque quarante ans après la sortie du film, la France connaît un début de crise profonde, structurelle et conjoncturelle, que traduit la double contrainte d'une dette faramineuse, ajoutée à un déficit commercial chronique qui annonce l'accroissement inéluctable de la dette cumulée. Si on n'altère pas davantage, à la fois le train de vie excessif de l'état et les ponctions fiscales insuffisamment imposées aux contribuables, déjà durement touchés par des années de marasmes. Cette situation stagflationniste risque de perdurer, dans la mesure où l'absence de croissance économique et l'envolée de l'énergie liquide fossile importée, très prisée par les pays du BRIC en plein dynamisme économique, vont peser sur le coût des denrées et des produits industriels, alourdissant ainsi le bilan financier de la France; comme sur ceux des pays voisins empêtrés dans la crise actuelle de leur monnaie commune. La flèche du temps, c'est le coût de l'énergie plus que le coût du travail, qui a plombé le chômage structurel par le passé. Cette vérité là risque de paraître de façon encore plus probante dans la décennie à venir. "Go local" sera le cri de demain, c'est à craindre.

Dans un tel scénario de sueur et de larmes en perspective,  qui aurait envie de diriger le pays pendant sa longue traversée du désert? On est en droit de se poser cette question. La marge de manoeuvre étant limitée, celui qui sera l'heureux élu, en Mai 2012, risque de boire le calice jusqu'à la lie et payer le prix fort en 2017, lors des prochaines échéances. Ne serait-il pas plus judicieux de laisser cette tâche ingrate à un autre que soi-même... est une question qui doit traverser tous les esprits qui postulent à ce suffrage présidentiel.

Espérons que le courage et l'abnégation soient plus forts que l'esprit cynique du renoncement et du calcul politicien. Il  y a du travail à accomplir tant en France que dans l'ensemble du continent Européen qui joue son avenir pour les trente prochains années. Mais le peuple français n'acceptera pas un régime de complaisance qui se contentera de faire perdurer le statu quo inefficace, signe d'une régression profonde, comme en Algérie d'antan.

Hamlet doit se sacrifier pour que le Royaume du Danemark survive. C'est écrit ainsi!

chronique des années de braise - Recherche Google

samedi 17 mars 2012

Comment Yukon déplace les montagnes

Histoire d'une conviction ratée mais d'une prémonition réussie

"Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices." Honoré de Balzac

Anachronisme du passé glorieux de l'Europe prolétaire, spartakiste et admirateur de l'USSR, prix Lénine de la paix, chantre de la révolution culturelle maoïste, Joris Ivens, surnommé le documentaliste Hollandais volant,  a une filmographie riche en contes héroïques stakhanovistes.

Son opus majeur signé en 1976, "Comment Yukon déplace les montagnes", est une ode au maoïsme chinois et au don de soi à une grande cause collective par toute une jeune nation, refleurie de son passé ankylosé.

D'une coupable naïveté folle, car il occulte les horreurs commises par le régime totalitaire, cette épopée évoque néanmoins, grâce aux images de ses masses laborieuses chantantes, la situation de la Chine de nos jours. Devenue deuxième puissance mondiale économique, précisément grâce aux efforts fournis, non pas par la révolution marxiste maoïste, mais par celle qui la suivit; consentie dans un nouveau élan idéologique capitalo-communiste concocté par Deng Xiaoping, le successeur de Mao.

La Chine est désormais occidentalo-compatible; suite à une mémorable partie de ping-pong!
Le tandem Apple-Walt Mart en sait quelque chose, comme les consommateurs gavés du monde occidental!

Dans le marasme mondial actuel, le poumon de la consommation planétaire reste le marché intérieur chinois, avec son taux de croissance avoisinant 9% l'an depuis une décennie. Tant par son exportation bon marché --qui nourrit l'Occident--que par son importation des matières premières--qui relance les économies de ses confrères du BRIC-- et de la région limitrophe du pacifique; dont l'Australie et le Japon sont des grands bénéficiaires.

Les reflexes protectionnistes désormais visibles en Occident, des deux cotés de l'Atlantique, risquent de briser ce dynamise planétaire. Déjà, la guerre monétaire que livrent les USA et la Chine pour défendre leurs économies, ont beaucoup fait depuis la crise de 2008 pour tendre le climat géopolitique du monde.

On demande à la Chine de réorienter son appétit de croissance de l'exportation vers son marché intérieur d'un milliard and trois cent mille âmes, dont beaucoup vivent dans des conditions d'esclavagisme économique, tant dans les nouvelles villes poussées comme des champignons, qu'à la campagne désormais traitée comme hinterland; source d'un lumpen-prolétariat désorienté par une croissance effrénée ailleurs dans les zones côtières et qui draine ses populations. Chose manifestement voulue par le parti communiste toujours au pouvoir, dernier pied de nez à son histoire fournie par ce mandarinat nouveau style qui n'a rien à envier à la ploutocratie occidentale.

Yukon est devenu méconnaissable mais a de beaux jours devant lui...à moins que la crise économique et financière ne le rattrape également, prenant en otage les investissements faits dans l'immobilier mirobolant qui surplombe tant ses villes phares que les lointains citées dortoirs devenues villes fantômes car pléthoriques de surdimensionnement mal orienté.

Chinese Economy Already in ‘Hard Landing,’ JPMorgan’s Mowat Says - Bloomberg

vendredi 16 mars 2012

Les Bals Masqués et la Tentation de Venise

Le politique et les (fausses) joutes médiatiques



"Un homme est bien fort quand il s'avoue sa faiblesse." de Honoré de Balzac


La campagne politique en cours pour la présidentielle française apporte son lot d'humour décalé et de mise en scène médiatique. Pour convaincre le spectateur télévisuel du soir qui sera demain dans l'isoloir, tout est question d'image, de la prestation apparente et de sa sincérité affichée; de son aisance devant les inquisiteurs médiatiques ravis d'être une fois à pareille fête comme le bourreau et non pas comme le supplicié devant leurs puissants interlocuteurs. Obligés d'être à contre-nature très souple d'esprit afin de séduire ceux du camp opposé. Les piques et travers de ces inquisiteurs d'un soir, leurs rires et leurs peaux de bananes lancées en l'air, pour faire trébucher le candidat-- le faire sortir de ses gongs, faire fendre son armure-- font tous partie des pas de danse dans ces bals masqués incessants et virevoltants joués devant la nation entière en cette période électorale.

Un bon exemple de ces farandoles politiques censées amadouer les spectateurs, faire grimper audimats et intentions de vote, est donnée dans la rencontre de Sarkozy, Président actuel et candidat à sa propre succession, avec l'imitateur humoriste Nicolas Canteloup. En réalité, le candidat bon enfant assiste à une performance sur la radio de l'imitateur, où il joue tantôt une personnalité politique interpellant le candidat Sarkozy, tantôt le candidat lui-même; avec sa truculence habituelle. Numéro de prestidigitation hors pairs, comme d'habitude, on a envie de dire, de la part de Canteloup; très apprécié par le candidat Sarkozy, malgré l'auto dérision que cela comporte de sa part en tant que victime consentante du numéro inégalable par ses mimiques de l'humoriste.

Le candidat Sarkozy a besoin d'améliorer son image écornée de Président, traité de méprisant et cruel, d'après le New York Times; afin de faire adhérer surtout des jeunes électeurs à sa candidature. Plus il paraît "cool" devant les médias mieux ça se passera avec des jeunes, qui, d'après les sondeurs, ne sont pas séduits par son début de campagne, très droitière, très raciste et xénophobe; toujours selon la presse internationale, puisqu'il s'agit cette fois-ci de l'opinion du très conservateur Wall Street Journal.

Son challenger le plus sérieux et favori des sondages actuels est François Hollande, le socialiste.
Dans un entretient télévisé, celui-ci, traité de "flanby" par une partie de la presse, de "capitaine de pédalo" par son rival du parti d'extrême gauche, avait besoin de montrer au public qu'il "en avait là où ça comptait" pour diriger le pays avec une main ferme. Il s'est fendu dans un face à face avec la presse et avec son rival politique du jour, dans un numéro impressionnant, affichant une mine décidée contre vent et marées afin d'imposer des mesures drastiques d'impôts supplémentaires, --qualifiés par son adversaire d'être excessives, de nature confiscatoire et de surcroît illusoires car irréalisables-- et à l'Europe entière sa nouvelle politique de relance économique qui mettrait à mal les engagements pris par le Président Sarkozy au nom de la France.

Comme disait le journaliste-médiateur en conclusion, le candidat Hollande avait "bouffé du lion" lors de cette prestation remarquée qui mettrait sens dessus-dessous la France des riches et l'Europe des 27.

Il est clair que par les temps qui courent, les candidats ont intérêt de fendre leur armure, et de suer des litres de transpiration dans leur quête de la consécration suprême le 6 Mai prochain.

Au point où la marge entre le virtuel et le réel deviendra, pour les besoins de la cause sacrée, un numéro de prestidigitation supplémentaire.

Le reveil le lendemain pour le candidat élu et pour le pays risque d'être brutal par la suite; à la lumière de la réalité crue et par rapport aux engagements pris devant la nation. Pour son rival malheureux il sera question de la Tentation de Venise...

"Nicolas, mon petit Playmobil d'amour" - Yahoo! Actualités France
Hollande contre-attaque sur France 2 avec de nouvelles annonces - L'EXPRESS

jeudi 15 mars 2012

Révélation et Raison

Les Ides de Mars



"Les hommes vous estiment en raison de votre utilité, sans tenir compte de votre valeur." de Honoré de Balzac


Ce jour où César est tombé au pied de la statue de son rival Pompée, mort assassiné dans un Sénat en révolte contre celui qui imposa son impérium au pays de la République, nous pouvons contempler son héritage ressuscité tant de foi dans l'histoire par tant d'Empires. 

De Charlemagne en passant par Genghis Khan, Charles Quint, Napoléon, puis la Reine Victoria, pour finir dans les décombres de la III Reich; ensuite pour être ravivé dans la lutte entre l'Union Soviétique et le Pax Américana. Et finalement de nos jours dans le NWO oligarchique des sociétés transnationales américaines, sans visage, qui régentent la planète en complicité avec les détendeurs des clés de l'argent roi, les marchés mondiaux. Il n'y a plus d'Empereur, juste une Oligarchie dite des 1% et c'est un phénomène mondial.  Elle est bel et bien en place depuis une dizaine d'années mais il  y a ceux qui croit que ses jours sont comptés, précisément comme ceux du conquérant ancien, mort ce jour prophétique.

Pour ceux qui ne croient pas à cette construction de la logique du pouvoir temporel élitiste, dont César reste le meilleur icône, il y a la tentation de la vengeance des Dieux qui rient des élans hubristiques de l'humanité. Toute est vanité chez l'homme et toute construction humaine suit la flèche du temps vers son inéluctable décadence. 

Le salut de l'homme ne sera qu'après l'Apocalypse et dans le renouveau d'un âge du Verseau. The New Age of Aquarius. On a chanté ça dans l'âge doré des années hippies. Cela prendra de nouveau corps et âme pour des illuminés convaincus que la prédiction Maya, peuple oublié, vaincu, mais doté d'une vision prémonitoire, connaîtra son dénouement précisément le 21 décembre 2012. Un village oublié des Guerres cathares d'antan dans les Corbières trouve subitement une nouvelle gloire éphémère en France. Car c'est là qu'il est prédit que ceux qui survivront à l'Apocalypse, les nouveaux voyageurs sur un Arc de Noé biblique, doivent se concentrer pour faire face à cette déchéance planétaire qui exprimera la colère des dieux.

Le Maire du village en cette année fatidique est affolé à l'idée de la venue des tribus d'illuminés sur son piton perdu, à la recherche du salut de leurs âmes pour éviter un tel destin funeste. Il suffirait qu'une compagnie pétrolière décrète que son piton de Bugarach cache également des trésors de richesse du gaz des schistes et le tour serait joué pour son malheur. On peut imaginer le charivari que cette découverte déclencherait dans le milieu écologique en cette année électorale. 

La dame aux lunettes rouges, Eva au prénom prédestiné, pourrait prendre son pieds médiatique sur le piton. Tout à la fois la nouvelle Mère Gaia du New Age et protectrice de la nature contre l'Oligarchie prédatrice prête à saccager la terre nourricière dans sa recherche du profit pécuniaire sans limites. Dans une cause devenue sacrée car l'énergie indigène est désormais au coeur de toute tentative de croissance économique soutenue dans les pays développés. Eva a le coeur joliment accroché aux idées de l'énergie renouvelable fournie par des moulins à vent et des plaques électrifiantes de panneaux photo-voltaiques, dont le soleil serait l'amant éternel à son coté comme icône du New Age. Traversant le pays en chevauchant comme un nouveau Don Quichotte,  elle est à l'image de cette logique marginalisée qui n'arrive pas à percer dans le paysage politique français; comme le rayon du soleil de l'esprit critique aux temps des Ténèbres.  

Il est très à la mode de taper sur les riches. Dont les activités frénétiques de placements financiers ont comme conséquence à la fois d'éventrer la planète entière et d'évincer de l'économie marchande les pauvres couches de jeunes travailleurs sans avenir. Par les spéculations sans fin mettant à mal la construction de l'état-providence si chère aux Français comme aux autres Européens. Il est à craindre que nous entrons dans une nouvelle âge de lutte sociale envenimée sur le vieux continent.

Les lunettes rouges ne seront pas superflues pour exprimer la colère et le grondement du peuple, les 99%, contre l'appétit sans fin des oligarchies dominantes; domiciliées pour leurs bénéfices dans des îles paradisiaques.   

Espérons que la révélation Maya n'aura pas raison de la raison scientifique; sinon la terre entière portera des lunettes rouges, désormais, pour chercher la petite bête cachée dans une île ensevelie sous les eaux du réchauffement planétaire. 




mercredi 14 mars 2012

La Conference des Oiseaux

A la quête du phénix renaissant

"Les affaires ne reposent pas sur des sentiments." de Honoré de Balzac

L'ancien poème de Farid ud-Din Attar, poète persan de tendance Soufi, raconte la recherche menée par un troupeau d'oiseaux, amené par leur leader Hoopoe, dans une nouvelle aventure, celle d'élire leur oiseau Roi; car chez les oiseaux il n'y pas cette tradition là. Ils partent donc à la recherche du Simorgh; l'oiseau parfait.

De nos jours, notre Hoopoe national, notre Marianne de France et son troupeau de votants, sont à la recherche de son mythique Simorgh, équivalent du phénix renaissant. Contrairement aux oiseaux,  nous avons déjà un Roi élu. Mais chez nous aussi il y a effervescence; car c'est un éternel recommencement.

Le poème décrit les pérégrinations du troupeau,  dont chacun incarne une faute humaine qui l'empêche tout seul d'atteindre la sagesse et la perfection d'esprit du Soufi. Ils traversent plusieurs vallées à la recherche du lieu de séjour du Simorgh. Quand ils arrivent finalement à destination, ils ne sont que trente qui ont réussi à surmonter les épreuves. Ils voient là un lac cristallin qui leur renvoie leur propre image imparfaite en réflexion. Il n'y a pas d'oiseau parfait, il n'y a pas de Simorgh.

La moralité de l'histoire est que Dieu, dans l'esprit Soufi, n'est que la recherche de soi-même. Dieu est nous collectivement mais sur un plan transcendant.

La conférence des oiseaux qui  déferle  à présent telle que relayée par les médias, notre lac transparent, nous montre le visage de la France collective. Chaque prétendant au rôle de Simorgh n'est qu'une image iconique de nos propres pulsions. On y voit les oiseaux de toutes les couleurs; les perroquets, les paons, les doux oiseaux tels  des rossignols amoureux. Le plumage des uns est austère et dru, celui des autres flamboyant, virevoltant de richesse sonnante et trébuchante.

Leurs espérance et désespérance nous font visiter pendant la période électorale haletante, tantôt la vallée du désir, tantôt l'amour idéalisé,  la connaissance parfaite, le détachement spirituel, le syncrétisme croyant,  la confusion délirante, pour enfin nous transposer dans un état d'égotisme et oubli de Dieu le jour du vote.

Là, une fois que nous sommes arrivés, nous trouvons sans cesse ce que signifie le processus électoral :
Un conférence des oiseaux qui aboutit toujours au même résultat; il faut que tout change pour que rien ne change dans le royaume!

The Conference of the Birds - Wikipedia, the free encyclopedia
Attar of Nishapur - Wikipedia, the free encyclopedia
Le Guépard - Wikipédia

mardi 13 mars 2012

Aguirre, la Colère de Dieu

Histoires parallèlles


"L'argent est l'argent, quelles que soient les mains où il se trouve. C'est la seule puissance qu'on ne discute jamais." de Alexandre Dumas

Au temps des Conquistadors espagnols, la recherche de l'Eldorado fut un rêve d'aventuriers, à la fois conquérants et avides de gains matériels, au travers du symbole d'une cité mythique toute dorée des Incas. C'est l'histoire d'un idéaliste aux pulsions pathologiques qui le poussent à confondre la dure réalité de la forêt tropicale amazonienne avec l'illusion du pouvoir que procure la richesse illimitée.

De nos jours, par les temps qui courent, cette même pulsion pathologique d'avidité de gains mirobolants se manifeste par le comportement des marchés financiers tous voués à une spéculation frénétique depuis une dizaine d'années; à la recherche d'une nouvel Eldorado, celui des bulles  d'actifs financiers sans cesse renouvelées. Générées par l'appétit sans fin des conglomérats bancaires et des Hedge Funds, fond de vautours, qui n'ont ni loi ni foi sauf dans leur propre performance financière. Grâce à un effet de levier à faire pâlir Archimède que procure un argent mis à leur disposition  par des banques principales ayant pignon sur rue.

Ces mêmes banques, étant à la fois actionnaires et clientes de la toute puissante FED américaine, gardienne mondiale de la monnaie de réserve,  se procurent l'argent que la FED imprime à taux zéro (ZIRP). Et dont bénéficient les Hedges Funds pour leurs placements hasardeux dans des instruments de produits dérivés concoctés par eux et exploités par les banques aux travers de leurs réseaux mondiaux d'argent tous électroniquement gérés.

Désormais actionnés par des robots qui inondent les marchés dans des millisecondes, à partir des plateformes alternatives appelés "dark pools" qui ne sont pas régulées par les régulateurs nationaux. De ce fait, les marchés pratiquent leurs activités spéculatives en toute quiétude sur la base d'interventions que nul individu ne peut concurrencer. Car la robotique et l'accessibilité instantanée fait que le marché est désormais biaisé.

Les nouveaux conquistadors n'ont pas seulement la haute main sur la finance par leur puissance de feu mais désormais "Greed is good", leur philosophie de vie, est devenus très respectable auprès des nouveaux maîtres du monde; les Charles Quint de notre époque dorée. Ensemble, la classe politique qui régente le Pax Américana dans le monde et le puissant lobby bancaire, ont décrété que le soleil ne se couchera jamais sur l'Empire de ce nouveau Eldorado érigé par Wall Street-City dans le monde circulaire, déconnecté et fermé dans sa tour d'ivoire, de l'argent roi.

C'était avant le Crash de 2008...où le rêve d'Aguirre s'est évanoui comme beurre fondant sous les rayons du soleil écrasant de la colère de Dieu-la-Raison. On ne peut pas faire tourner le monde dans l'illusion que l'argent papier et les titres toujours grimpant des sociétés cotées en bourse  se comportent comme une machine perpétuelle à faire gagner de l'argent. Les lois de la thermodynamique comme les lois de l'économie interdisent tel postulat et illusion.

Hélas, la persistance depuis de ce même comportement pathologique par les mêmes acteurs restés impunis et surtout sans contrainte du politique, fait que désormais le marché mondial a propagé la même maladie de façon encore plus virulente à la zone Euro. Le virus Goldman Sachs est désormais une pathologie mondiale du monde finance.

Nous en sommes tous pour nos frais.
Car nos Rois, c'est nous qui les avons élus!
Aguirre c'est nous...

A moins que la vérité du pouvoir réel de cette nouvelle oligarchie de l'argent nous soit caché; comme au temps où César a franchi le Rubicon!

Dans ce cas, tremblez Démocratie et République!

Aguirre, la colère de Dieu - Wikipédia
Eldorado - Wikipédia
HFT et Dark Pools : les outils d’une finance incontrôlable | Batou.FR

lundi 12 mars 2012

En Avoir ou pas et Le Port de l'Angoisse

Histoire d'une rivalité millénaire

"Le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est à le fard." Honoré de Balzac


Le film mythique "To have and to have not", au titre très machiste, inspiré du roman du même nom écrit par le romancier Ernest Hemingway, chantre du machisme comme "way of life", fut traduit en France en "Le Port de l'Angoisse". Cette transposition plutôt hitchcockienne du titre du roman est tout un symbole; l'infranchissable "Channel" qui existe entre la mentalité insulaire et anglo-saxonne et celle du gaulois continental.

Cette différence d'esprit est célébrée chaque hiver pendant le tournois des Six Nations, fête de L'Ovalie; où le sang froid et l'opiniâtre flegme anglais se mesurent à la traditionnelle inspiration virevoltante et l'audace du "French flair".  En tout cas c'est la légende des siècles de l'Histoire racontée depuis la bataille de Hastings à celle de Waterloo.

La rencontre du 11 mars 2012 fut tout son contraire. Les Anglais ont démontré le fameux sens de l'audace en inscrivant trois essais, alors que les Français se sont contentés de botter sagement comme des Anglais des pénalités entre les poteaux tous dressés comme les portes de l'angoisse. C'est n'est que dans les ultimes moments haletants du combat viril qu'un Français au nom atypique de Wesley Fofana inscrivit le seul essai français. Peine perdu, car les Anglais ont remporté leur match d'une courte tête comme dans la tradition historique depuis la bataille de Poitiers. Mais comme il se doit dans toute histoire sans fin, ce n'est que partie remise jusqu'au tournoi l'année prochaine.

Dans les gradins du Stade de France, on voyait la fine fleur de la nomenclature politique française, toute présente dans cette fête virile pour démontrer sa propre combativité dans une compétition à venir, soumise à l'arbitrage du suffrage universel à l'échelle nationale et programmé pour le printemps prochain. La France allait élire son Roi en République; tout un programme, une tradition incohérente propre à un pays à l'existence millénaire; qui avait déjà inventé le moine-soldat au mépris des lois canoniques; plébiscité un Empereur, défendeur de la République des Lumières; en quelque sorte un Tarquin et un Brutus à la fois. Il faut être au pays des 350 types de fromage pour inventer pareille trouvaille qui met à mal une tradition occidentale de cohérence logique vieille de trois mille ans; comme une Algérie française, une et indivisible, mais habitée par deux peuples aux droits très différents; chose qui fut admirablement rappelé dans un documentaire télévisuel du même soir du 11 mars. Mais pour revenir aux portes de l'angoisse, les prétendants au titre du monarque républicain avaient le regard bien décidé dans l'attente d'une victoire française cette après-midi là, signe heureux de leur propre ascension au poste suprême du pays; à la fois le Zinédine Zidane, le Raymond Doménech et l'arbitre du jeu politique français. C'est comme ça la cinquième République française! Las, la victoire n'était pas au rendez vous.

Il y avait le candidat de la France forte de Sarko-land, de la France rassemblée de Hol-lande, et de la France du juste milieu de Bayrou-lande. Chacun prêchait pour son camp au nom d'une audace retrouvée et singulièrement absente ses derniers années dans un paysage politique morne, tout empêtré dans une crise financière homérique et sans fin qui prenait les allures d'un siège de Troie face au profil dépouillé du Parthénon trônant sur une Place Syntagma d'Athènes en ébullition.  L'Euro-land allait mal et la France sombrait dans la chute annoncée de sa monnaie.

Mais les candidats n'avaient guère cure de ces péripéties du continent au bord du gouffre. Chacun voyait midi à sa porte. L'un préconisait la renégociation du traité de la règle d'or budgétaire, inventée par le couple Merkozy, imposée comme un dictat à tous les pays de l'Euro-land. L'autre voulait renégocier les accords de Schengen pour limiter les méfaits d'une circulation incontrôlée des citoyens indésirables venant des pays voisins dans une France devenue subitement frileuse, tout en critiquant celui qui osait détricoter les accords signés par 25 pays au sujet de la discipline budgétaire. Et le troisième voulait sauver l'Europe avec une poudre qu'on ne trouve que dans les Pyrénées qui ressemble fortement à la fameuse concoction dite de la Poudre de Perlimpinpin.

Devant un tel foisonnement de bonnes intentions le pays ne savait plus où donner de la tête. On voulait supprimer la notion même de race dans la Constitution française  pour devancer les idées de son adversaire proposant de faire le droit du sang comme un critère de référence déterminant dans l'octroi de la nationalité. Le débat oscillait entre la notion d'identité nationale et d'identité sociale, l'un prétendant que l'appartenance à un peuple imbus de sa propre histoire, battant sa propre monnaie, était la porte de salut. Dans la recomposition du paysage géopolitique mondial insufflé par les méfaits d'une globalisation ravageuese de  l'économie-monde, comme par une Tramontane détruisant tout sur son passage; véritable tsunami financier. Les autres prétendaient que la salut était dans un protectionnisme renforcé et l'élaboration d'une identité continentale à définir. Le cadre désormais de l'action salutaire n'était plus les institutions de l'état-nation mais au-delà, dans un resserrement fédératif des liens continentaux, seul havre de dimension suffisamment grand pour protéger les peuples Européens.

On avait comme impression que le tourbillon de la mondialisation, même dans le cadre sportif de la fête de L'Ovalie, imposait au pays amoureux de ses traditions culinaires le choix suivant, à l'image de ses héros,  d'un Fofana tout brun ou d'un Rougerie tout blond :

Voulez vous votre lait avec du Nutella ou votre Arabica avec un soupçon du lait?

Le Port de l'angoisse - Wikipédia



dimanche 11 mars 2012

Quand la montagne vient à Mahomet

Prévision de l'économie monde


...Puisque la montagne ne vient pas à Mahomet il faudra que Mahomet aille trouver la montagne...


Phrase attribuée à Jean d'Alembert; qui définit l'esprit des grands hommes n'ayant pas peur de prendre à bras le corps leur destin d'homme providentiel. 


De nos jours, un homme définit bien cet état d'esprit si on regarde l'évolution de son entreprise devenue valeur de référence en tant que capitalisation boursière. Il s'agit bien entendu de Steve Jobs, le regretté,  dont la société Apple est devenue la première capitalisation boursière au monde, désormais devancière devant l'indétrônable société Exxon, symbole iconique du monde de pétrole, l'or noir de notre civilisation; source première et emblématique de notre richesse collective. 


Pour que Apple atteigne un tel sommet, il fallait que Steve Jobs fasse des concessions au modèle économique en vigueur en Occident : utiliser à fond le système de délocalisation de la production mondiale de toute sa gamme de produit selon le nouveau paradigme économique de l'arbitrage du coût de main d'oeuvre, dont les produits phares Iphone et Ipad, à la société Foxconn basée en Chine; avec une réputation sulfureuse d'exploiter des ouvriers chinois dans des conditions proches de l'esclavagisme moderne.  Son patron avait même eu l'outrecuidance de traiter son personnel comme des animaux aux pulsions primaires; quand il a fallu faire face à leur réclamations d'amélioration des conditions de travail jugées draconiennes, même aux yeux de la presse locale; dans une société régentée par une Oligarchie capitalo-communiste au pouvoir. 


Steve Jobs, en tant que Mahomet des temps modernes, a rempli son contrat pour atteindre son objectif de prophète de l'économie monde aux temps de la mondialisation sans âme.


Devant la crise financière et alimentaire qui s'annonce à l'échelle globale, il sera donc conseillé aux ouvriers du monde entier de manger leur Ipads ou Iphones; au cas où la pénurie à la fois de nourriture et des moyens financiers des pays riches rendent homéopathique la production de la première et par effet de vase communicant, pléthorique  la seconde ! 


post-scriptum : Fukushima un an après, vu par la presse locale (humour noir).
  Testosterone Pit - Home - Nuclear Contamination As Seen By Japanese Humor 

samedi 10 mars 2012

In Vino Veritas

Histoire du Jour



"La femme est une lyre qui ne livre ses secrets qu'à celui qui sait en jouer." Honoré de Balzac

Un négociant trouva un bon moyen de gagner de l'argent. Il acheta à un château de renommée internationale son stock de sur-production qui dépasse le quota AOC imposé par la taille de son vignoble. Le producteur ayant  l'obligation de vendre son surplus en vin de table, le négociant s'en procura en cubitainer et ensuite demanda un autre producteur plus modeste dans sa région de le mettre en bouteille sous son étiquette habituelle. Le résultat fut commercialisé par lui, livré à leur domicile à des d'aficionados recrutés par réseau d'amis sur Internet et Tweeter pour un modique prix cinq fois inférieur au prix officiel du breuvage; considéré comme nectar d'un grand cru par les guides vinicoles.

Moralité de l'histoire : Le breuvage qu'on boit ne correspond  pas toujours à l'étiquette sur la bouteille, ni aux origines déclarées. Mais le résultat est d'autant plus plaisant que le prix modique ne correspond pas à une divine surprise aussi inattendue, ce qui a le don de rendre le produit encore plus alléchant.

Qui se plaindra d'une telle entorse aux règles du politiquement correct. Vivons caché pour vivre heureux d'un tel miracle! Le vin est à l'image de notre monde commercial : plus c'est cher moins c'est accessible, hélas. La rareté commande son propre prix et c'est parfois ressenti comme une exagération. Enigme  du monde et clé de notre regard sur la beauté.

vendredi 9 mars 2012

Dialogues d'Outre-Tombe entre Chateaubriand et Victor Hugo

Dialectique du jour
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo
François-René de Chateaubriand - Wikipédia

Chateaubriand : Ah, Victor, toi qui a incarné ton siècle, regarde moi ces imbéciles : tes fils de la République et là où ils ont amené notre beau pays, devenu un pays où on prie Allah dans les rues et on abandonne nos chères églises, devenues des mausolées. Désormais on traite comme inclination mortifère nos croyances d'antan; nous n'y croyons plus en notre étoile de civilisation chrétienne. Où est passé notre foi dans notre destin collectif du pays de Saint Louis?

Hugo : Elle est passée par pertes et profits aux yeux de l'Histoire, celle qui fut écrite depuis que notre Abélard national, premier prince de la dialectique, prononça son combat pour promouvoir sa devise "Comprendre pour Croire";  qui l'a opposé au véhémence de Bernard de Clairvaux, celui qui imposa au pays la doctrine du contraire. Que vive cher Abélard et sa bien aimée Héloïse dans nos esprits collectifs.

Depuis, les fils de ce pays, où on a su encensé le sens critique au delà de la croyance aveugle dans un dogme, sont devenu des laïcs. Car cette religion est devenu l'opposé des valeurs de son origine. Loin de moi de critiquer les forces de l'esprit François-René, mais comme disait ton éponyme, la spiritualité n'est monopole d'aucune religion. On a eu huit guerres de religion dans notre pays pour nous enseigner cette dure vérité. Loin de moi de négliger si salutaire leçon de l'Histoire. Nos ainés des Lumières nous ont légué un ensemble de valeurs qui nous comble dans la laïcité. Je ne me plains pas de cette double appartenance spirituelle sur notre sol national, où le droit de jouir de ce privilège est imprescriptible pour chacun entre nous. Depuis les déclarations universelles des Droits de l'Homme.

Chateaubriand : Je te croyais plus brillant philosophe pour que tu ne nous rabattes cette vieille chanson des Lumières tombée en désuétude. Un peu de nerfs Victor! Que-est-ce qui fait tourner le monde si c'est n'est pas la primauté de l'excellence sur la médiocrité régnante? N'avons nous rien appris de César et de Napoléon pour tomber en si piètre régression? Penser que la démocratie vaille la peine d'être citée au panthéon des valeurs morales et d'excellence, au même titre que celle de la noblesse d'esprit et du sang; cela me laisse pantois. N'avons nous pas assez de repères historiques; de notre langue, dans nos têtes bien faites, dans nos âmes nourries de milles promesses et de légendes des siècles?
Pour qu'on ne tombe pas dans cette mièvrerie des valeurs de l'homme de la rue, du barbare le premier venu sur notre sol; décrétant ceux-ci comme équivalent à nos traditions de sublime excellence, dont nos flèches gothiques sont le plus beaux des symboles. Nous sommes les héritiers de César, de Charlemagne, de Saint Louis, pourquoi s'en offusquer?

Hugo :  Pour le brillant écrivain du verbe lyrique que tu fus je dis chapeau bas; mais pour l'homme du passé que tu es devenu je dis "basta". N'as tu pas donc compris, toi qui écrivis que les sentiments du "moi" en toi t'emportaient dans des vagues de passions si exaltantes, que le ciel touchait terre! Mais que dans ton imagination si féconde, celle du poète de l'éphémère, celle de notre pulsion  romantique de jeunesse d'orée. Allons, nous avons tous tourner la page. La sagesse vient de la marche du temps et des évènements façonnant notre vécu. Rien, ni personne, n'échappe à cette mise au point implacable imposée par la vie.

Dont acte; tu es resté l'éternel adolescent dans ton esprit, toujours ardent, toujours sans recul; sans que les faits n'altèrent ta vision du monde. Je retiendrai donc, que le morceau de viande qui t'était dédié, à ta gloire immortelle, reste la meilleure expression de ta passion éternelle pour la bonne chair des vieilles idées nostalgiques!

Chateaubriand : Ah, la viande halal! Quelle supplice supplémentaire.

Chateaubriand : romantique et diplomate donne son nom au steak: Voix de la Russie
Pierre Abélard - Wikipédia

mercredi 7 mars 2012

Autres Dialogues Aux Enfers entre Montesquieu et Machiavel

Dialectique du jour 

Montesquieu :   On veut détruire l'Iran! Qui en écrirait des Lettres persanes comme moi auparavant?

Machiavel :    Enfin, détruire une théocratie pour libérer un peuple c'est une bonne solution!

Montesquieu : Pour éviter qu'un vieil état-nation ne dispose de son sort; se procure une arme nucléaire? Comment admettre q'un peuple 'sur et arrogant' s'arroge de ce droit tout seul, avec notre complicité de surcroît, et pas un autre, d'une légitimité millénaire? Comment admettre qu'un état de non-droit comme son voisin à l'est en dispose, alors qu'il est dirigé par des militaires!

Machiavel : Peut-être parce que en plus de sa haine pour l'Occident cette administration dispose de l'or noir en quantité invraisemblable; comme son voisin à l'ouest que nous avons 'arrangé' à notre guise. On peut  faire de ce fait d'une pierre deux coups!

Montesquieu : Seriez-vous prêt à assumer toutes les conséquences incalculables si on ratait notre coup?

Machiavel : Qui ne tente rien ne peut rien espérer. C'est un moment important dans notre histoire. Notre sort se joue sur un plan énergétique. Il vaut mieux une guerre courte aujourd'hui que une guerre sans fin demain! Imaginez le bras armé de la théocratie Chiite qui dispose à la fois de notre destin énergétique et militaire dans cette région si névralgique.

Montesquieu : Alors je retourne à mes chères études sur la folie des hommes. Sur l'impossible réconciliation entre un Ayatollah et l'esprit de la Raison, que nul ne peut arbitrer, même pas Dieu le Miséricordieux, car il semble indifférent au sort de ses propres créatures.

Sur la descente aux enfers qui en résulte, quand l'esprit des lois devient la loi du plus fort.
On est toujours empêtrés sur les murailles de Troie, nous autres humains.


Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu - Wikipédia
Montesquieu - Wikipédia
Nicolas Machiavel - Wikipédia
Le Prince - Wikipédia